VIH/SIDA : un gel microbicide, comme un leurre

L’utilisation d’un gel microbicide pour prévenir l’infection par le VIH n’est certes pas une nouveauté. Depuis la publication de l’étude CAPRISA en 2010, l’intérêt d’un antirétroviral appliqué localement est considéré comme démontré. Toujours sous forme de gel, une nouvelle approche est cependant explorée par une équipe française. Elle repose sur l’utilisation de petits peptides, qui miment le récepteur du virus à l’entrée de la cellule. Objectif : piéger ce dernier et … l’empêcher d’agir.

Le nouveau gel microbicide vient d’être expérimenté sur des primates, par une équipe du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Ce sont des chercheurs de l’Institut de biologie et de technologies au CEA de Saclay dans l’Essonne, qui ont mené ce travail. Chargé de mini-protéines appelées miniCD4s, il a été appliqué à l’intérieur du vagin de 6 femelles macaques. Elles ont ensuite été exposées, toujours par voie génitale, à une forte dose de VIH – environ 10 fois la dose nécessaire pour provoquer l’infection. Pourtant, une seule de ces macaques a été contaminée. Les 5 autres se sont avérées totalement protégées de l’infection par le virus.

Tromper le virus

« Les miniprotéines agissent comme des inhibiteurs d’entrée du virus dans les cellules immunitaires, les lymphocytes T », explique Loïc Martin, principal auteur de ce travail. Plus précisément, « elles miment les récepteurs CD4, qui sont la porte d’entrée du virus dans les lymphocytes T. Ainsi les miniCD4s trompent-elles le virus, l’attirant et le piègeant ». Eln l’occurrence, eles font office de leurres.

« Cette première étape a permis de faire la preuve du bien-fondé de notre nouvelle approche », souligne Loïc Martin. « L’objectif à l’avenir, pourrait être de développer un gel combinant plusieurs composés, comme ces miniprotéines et des antirétroviraux tels le ténofovir. Ainsi les risques de résistance seraient-ils limités. » Ces résultats fournissent en tout cas un espoir dans la lutte contre le VIH/SIDA, car ils permettent d’envisager une nouvelle méthode de protection lors des rapports sexuels.

 

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