VIH/SIDA : 30 000 Français ignorent leur séropositivité

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le SIDA ce 1er décembre, l’Institut de Veille sanitaire (InVS) dresse un état des lieux de la situation en France. Si le nombre de nouveaux diagnostics d’infection à VIH reste stable, des motifs d’inquiétude demeurent : les résultats d’une enquête récente laissent craindre une recrudescence des contaminations par le VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Et 30 000 Français ignorent toujours leur séropositivité…

En 2011, environ 6 100 personnes ont découvert leur séropositivité, « un nombre relativement stable depuis 2007 », précise l’InVS. D’une manière générale, les HSH et les personnes contaminées par rapports hétérosexuels nées à l’étranger (dans un pays d’Afrique subsaharienne dans ¾ des cas) restent les deux groupes les plus concernés.

La transmission du VIH est toujours inquiétante parmi les HSH. Comme le précise l’Institut, « c’est le seul groupe où le nombre de découvertes de séropositivité est en augmentation depuis 2003 ». Certaines données préoccupent particulièrement les épidémiologistes et les médecins. C’est le cas de celles issues de l’Enquête Presse Gays et Lesbiennes (EPGL) 2011. Réalisée auprès de 11 000 HSH et 4 000 femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes (FSF), elle rapporte notamment que :

14% des répondants déclarent « ne jamais avoir réalisé de test de dépistage » ;

38% des HSH interrogés ont déclaré au moins une prise de risque au cours des 12 derniers mois avec des partenaires masculins occasionnels. Qu’ils soient de statut VIH inconnu ou différent. Contre 33% en 2004.

Indispensable préservatif

Dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), publié ce vendredi, le Pr Jean-François Delfraissy, Directeur de l’Agence nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites virales (ANRS) insiste sur « le fait que le VIH/SIDA tend à se banaliser » en France. Il « apparaît comme un risque de plus en plus éloigné des préoccupations, en particulier chez les 18-30 ans. Il semble également que, si le préservatif est fréquemment utilisé lors des premiers rapports sexuels, on y ait ensuite moins recours, en particulier chez les jeunes. Il convient donc de renforcer les actions de prévention auprès de cette cible. ».

Il rappelle donc que « la lutte contre le SIDA doit rester une priorité. Les efforts de prévention et d’incitation au dépistage et à la prise en charge de l’infection doivent être poursuivis voire intensifiés, dans notre pays ». Et pour cause, « environ 30 000 personnes ignorent leur séropositivité en France ». La ministre de la Santé Marisol Touraine a d’ailleurs expliqué ce vendredi sa volonté de généraliser les tests de dépistage rapide.

Des IST en hausse

Au-delà du VIH-SIDA, l’InVS met en évidence une augmentation de certaines infections sexuellement transmissibles (IST). C’est le cas :

Des infections urogénitales à Chlamydia. « L’augmentation reflète à la fois un accroissement des pratiques de dépistage et, dans une moindre mesure, une hausse des contaminations », soulignent les représentants de l’Institut ;

Des infections à gonocoque. La hausse de l’incidence est d’ailleurs continue depuis 10 ans chez l’homme et la femme, quelle que soit l’orientation sexuelle ;

De la syphilis. « Le nombre de cas récents est en augmentation chez les homo-bisexuels masculins, qui représentent toujours la grande majorité des cas rapportés. Les données comportementales montrent que l’utilisation systématique du préservatif reste insuffisante, notamment lors des fellations. »

 

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