Vendée Globe : 5 heures de sommeil par nuit dans… « une guitare électrique » !

Le départ de la septième édition du Vendée Globe sera donné ce samedi 10 novembre des Sables d’Olonne, en Vendée. Sur la ligne de départ de ce tour du monde en solitaire et sans escale, 20 navigateurs d’exception. Chiffres à l’appui, le médecin de la course Jean-Yves Chauve, nous explique pourquoi « cette compétition est à part ».

Trois : les trousses à pharmacie embarquées à bord. Une trousse « classique » et deux trousses d’urgence, dont une pour le radeau de survie. Celles-ci « renferment de la morphine, de l’adrénaline, de la cortisone, de quoi faire un garrot, se recoudre etc… », explique le Dr Chauve. « Les skippers sont mes yeux et mes mains. En cas de problème, ils doivent me décrire précisément la situation. Je peux alors les guider par téléphone ».

Cinq : les heures de sommeil Cinq heures en effet, c’est la durée moyenne de sommeil quotidien que s’accorderont nos navigateurs. Ils dormiront par tranches de 1 heure et trente minutes... les bons jours. Lorsque la mer est agitée ou lorsque le trafic maritime est dense - comme souvent dans le Golfe de Gascogne où les cargos sont nombreux - les cycles sont de 20 à 30 minutes. « Dans ce cas, les skippers plongent directement dans un sommeil profond. J’insiste auprès d’eux, sur l’importance de dormir et de récupérer : après 16 heures sans sommeil, le degré de vigilance est équivalent à celui d’une personne ayant une alcoolémie de 0,5 g/l de sang ».

Cent vingt : les décibels dans la coque : Voilà en effet, le niveau de pollution sonore auquel sont exposés les navigateurs lorsque la coque entre les vagues. C’est-à-dire en fait… presqu’en permanence. « C’est l’équivalent d’un avion au décollage » précise Jean-Yves Chauve. « Aujourd’hui, l’intérieur des bateaux est très épuré pour gagner en légèreté. C’est un peu comme si ces marins naviguaient pendant trois mois, à l’intérieur… d’une guitare électrique » ! Certains d’ailleurs, sont équipés de casques anti-bruit.

Entre 3 500 et 5 000 calories. C’est l’apport énergétique quotidien recommandé à ces sportifs de haut niveau. Sur la terre ferme, les apports nutritionnels conseillés (ANC) sont d’environ 2 400 kcal pour un homme adulte, et 1800 kcal pour une femme. « Sur un bateau de course, la lutte contre le stress et le froid mais aussi et surtout la recherche permanente de l’équilibre sur un bateau instable, font brûler énormément de calories » enchaine le Dr Chauve. La majorité des skippers embarquent des aliments lyophilisés mais la notion de ‘repas récompense’ revient aussi en force. C’est ainsi que Jean Le Cam (Synerciel) emporte des petits plats comme des confits de canard. Désossés tout de même, pour ne pas alourdir le bateau…

1,2 kg de nourriture par jour. Le navigateur Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) « emmène 80 à 90 jours » de vivres. Pas davantage, pour éviter d’alourdir le monocoque. Pourtant le record de l’épreuve établi par Michel Desjoyaux en 2009, est de 84 jours. A 95%, il s’agit d’aliments lyophilisés. Ils sont disposés le long de la coque, dans des sacs : un par jour, 1,2 kg chacun. De son côté, Armel Le Cléach (Banque Populaire) embarque 90 jours de nourriture. Lors de la précédente édition qu’il a bouclé en 89 jours, il admet avoir « fait l’erreur de ne pas emmener assez de nourriture. J’avais perdu 8 kilos. Je n’avais plus rien à manger sur la fin »…

 

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