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Un rêve, un quotidien

0 24.02.2014 16:12

Pythoclès Bazolo, 18 ans, nous fait partager sa vie au centre de formation du SCO. « Une vie à 100 à l’heure », selon ses dires. On y parle de baby-foot, de soirées Ligue des Champions et de punitions.

Dehors, il fait gris. Sur l’aire de jeu synthétique de la Baumette, que se partagent les U17 de Laurent Viaud et les U19 d’Abdel Bouhazama, un ballet de couleurs flashys. Pour tous, en ce 15 février, on est à H-24. Le lendemain, les plus jeunes iront à Guingamp, les autres à Lorient. Lorient : Pythoclès Bazolo y a passé les trois dernières années de sa vie.  Loin de sa maman, qui réside à Paris et ne le visite que très rarement, « trop occupée par l’éducation de (s)es trois frères et de (s)a sœur », confie l’intéressé.  Lorient : là où son rêve de « devenir un jour footballeur professionnel » a pris forme, là où, en mai dernier, il a pris « une claque », non-conservé au sein du centre de formation des Merlus. Huit mois après, il en garde un souvenir ému. « Vous savez, ce coup d’arrêt m’a fait réaliser pas mal de choses. Des erreurs, j’en ai faites, c’est certain. Mais je ne les reproduirai plus. J’ai gagné en maturité. » Conscient qu’ici, au SCO, il bénéfice d’une seconde et dernière chance.

Un réveil à 6 heures du mat’

Voilà pourquoi il croque dans sa vie actuelle. Une vie toujours précaire, évidemment, vu qu’il ne dispose que d’une convention d’aspirant sur une saison (lire également page 14). Une vie toujours loin de sa famille, qu’il joint très souvent au téléphone. Une vie sans temps mort. Du lundi matin, 8 heures, quand débute ses cours - il est en terminale Bac Pro au lycée Chevrollier - au dimanche soir, quand il tire le bilan de son match. « Ça fait des grosses journées mais on sait pourquoi on est là. »

Pythoclès Bazolo est milieu offensif. Le plus souvent, il évolue dans le couloir gauche. Au centre d’hébergement de la Baumette, désormais uniquement réservé aux jeunes pépites du SCO, il fait partie des plus anciens, donc des « tauliers » sur qui s’appuie Soulaimana Nouroudine, dit « Mana », le surveillant de nuit des lieux. « Quand ça dérape, je vais voir Pytho. Il est déjà mature et responsable. Il peut faire passer des messages. Mais bon, ça va. Je n’ai pas trop à me plaindre du comportement d’untel ou untel. Si jamais il y en a un qui sort du rang, on organise des réunions. » La vie en communauté est faite de règles. Celle qui régit l’endroit : le respect. Sinon ? « Sinon, ça peut chauffer, sourit Pythoclès. Parfois, Mana hausse la voix. Abdel (Bouhazama) aussi. En début de saison, une bouteille traînait par terre. Résultat : réveil à 6 heures du mat’ le lendemain, pour aller courir ! Depuis, on fait attention. On sait qu’en cas de bêtise, tout le groupe sera puni. On préfère donc discuter, régler ça entre nous. » Avant ou après les séances d’entraînement quotidiennes.

Le lundi, c’est musculation « pour ceux qui le souhaitent ». Les autres jours, après des cours achevés à 15h30 - les joueurs angevins bénéficient d’horaires aménagés -, direction le synthétique. Tous les soirs, le repas est servi à 19h30 pour les internes, au nombre de 28. Les externes, eux, sont déjà chez eux. Le couvre-feu est fixé à 22h. Excepté les soirs de match, quand leurs idoles disputent la Ligue des Champions ou un match international et que la salle télé est noire de monde. « Au coup de sifflet final, par contre, tout le monde au lit. » Les jeunes sont logés dans des dortoirs de quatre personnes. Les « vieux » sont dans des chambres de deux. Et quand il n’y a pas de football pour « ambiancer » le centre ? « On s’organise une partie de ping-pong ou de baby-foot. On écoute du rap US. On révise. » Bref, pas le temps de s’ennuyer.

Dehors, il fait toujours gris. On laisse Pythoclès Bazolo en plein match de baby-foot. Il est midi. Dans le réfectoire, la table a été mise. Certains, une heure plus tard, iront encourager les pros, qui affrontent le Stade Lavallois à Jean-Bouin. Peut-être qu’un jour ils seront à leur place…

Benoît Léger

 

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