Un herboriste, ce n’est pas un professionnel de santé

Et si l’on décidait demain, de créer une nouvelle profession de santé, celle d’herboriste ? L’idée semble-t-il, est dans l’air. Mais elle n’a pas que des supporters… Une proposition de loi présentée en juillet 2011 par Jean-Luc Fichet, sénateur socialiste du Finistère, prévoit en effet de « créer un diplôme et d’organiser la profession d’herboriste ». L’idée est rejetée par l’Académie nationale de pharmacie, qui réfute la légitimité même de cette activité. Avec des arguments solides.

Au premier abord, les motifs exposés dans le projet ne manquent pas d’attraits : « Un intérêt grandissant de la population pour les médecines dites ‘alternatives’ comme la phytothérapie » ; « le souci de rendre plus dynamique la filière agricole des plantes » ou encore le fait de « favoriser la qualité, la transparence, et le respect de la ressource… ».

La réaction de l’Académie nationale de pharmacie

L’Académie nationale de pharmacie reconnait le bien-fondé de l’initiative. Selon ses membres pourtant, « cette proposition de loi n’apporte pas de réponse efficace » aux questions posées. Ainsi reprend-elle chaque article, pour en challenger la véracité.

D’après le texte « l’herboriste est un professionnel du bien-être ». Faux rétorquent les académiciens. « Cette catégorie professionnelle ne semble pas être répertoriée ».

Autre point de discorde, le rôle de l’herboriste. Jean Luc Fichet préconise par exemple, que « le cas échéant, il (l’herboriste) pourra être amené à dispenser des conseils d’hygiène de vie ». Cette idée certes novatrice, reviendrait, selon l’Académie à affirmer que l’herboriste se situe au même plan que les autres professions de santé. Et les exemples – comme les interrogations – de s’enchaîner. « Quelle autorité pour contrôler les matières premières ? » ; « Qui formerait et surveillerait les herboristes ? »…

L’Académie recommande en outre « de ne pas créer une nouvelle profession de santé dite ‘de bien-être’ accompagnée d’un monopole qu’il sera difficile de situer au regard des professions de santé ». Et de conclure, « cette nouvelle profession présenterait surtout le risque de laisser entendre à la population que ce type de soins par les plantes est validé officiellement ». Ce qui n’est pas le cas.

L’apanage des pharmaciens

Dans un éditorial des Annales pharmaceutiques françaises, François Chast du Service de pharmacie-pharmacologie-toxicologie de l’Hôtel-Dieu (Paris), confirme que « ce projet de loi est inutile et dangereux. Méfions-nous plus que jamais des amateurs éclairés et des marchands d’espoir qui surfent sur la vague de naturel, pour faire des plantes des médicaments au rabais, tantôt véritables dangers pour notre santé, tantôt leurres mercantiles présentés à des malades crédules et naïfs ». Un avis tranché qui rejoint celui des Académiciens, pour une formation plus approfondie des pharmaciens à la botanique.

 

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