Trouble bipolaire : à chaque patient sa prise en charge

Les « dérèglements de l’humeur », c’est compliqué à prendre en charge. Pour le malade, pour ses proches, pour les soignants. Mais les recommandations thérapeutiques ont progressé. Le Pr Michel Llorca qui a participé à leur élaboration, est psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand et membre de la Fondation FondaMental. Il nous explique les grandes lignes d’une prise en charge efficace.

Le trouble bipolaire – l’autre nom de ces dérèglements de l’humeur - frappe 1,5 million de personnes en France. Il a de lourdes répercussions sur les proches des malades, et un fort retentissement sur la vie sociale de ces derniers. Par ailleurs, leur taux de mortalité est supérieur à celui de la population générale. Chez les malades qui ne sont pas pris en charge, le risque suicidaire par exemple est augmenté de 15% à 20%. Enfin le trouble bipolaire expose également aux maladies cardiovasculaires, au diabète, à l’obésité…

Mieux gérer le quotidien

« Cette affection est marquée par l’alternance entre des épisodes dépressifs et maniaques », indique le Pr Llorca. « Or elle est parfois difficile à identifier, ce qui explique pourquoi le diagnostic est souvent tardif, 10 ans parfois après les premiers signes. » La prise en charge proposée doit à la fois tenir compte des formes variées de la maladie, et du caractère unique de chaque patient. Elle repose sur deux grands principes : « il est indispensable de proposer une prise en charge à la fois médicamenteuse et psychothérapeutique. » De nombreux patients présentent un rythme de vie perturbé, et par conséquent des troubles du sommeil. Selon le Pr Michel Lorca, « ces derniers sont un facteur important de rechute. Il est donc nécessaire de l’expliquer au patient et de lui proposer une prise en charge destinée à mieux gérer sa vie quotidienne et son rythme. »

En phase maniaque, le patient sera dans un tel état d’excitation qu’il va s’exposer à des troubles du comportement caractérisés par des prises de risque inconsidérées. « Comme il se sent bien, il est délicat de lui faire accepter la prise d’un médicament, et surtout la bonne observance de la prescription. Pour la phase maniaque, nous disposons de trois grandes catégories de traitements : le lithium, les anticonvulsivants et les antipsychotiques de deuxième génération. » En fonction du profil de chaque patient, le praticien peut associer ces trois traitements et proposer aussi, une prise en charge reposant sur la psychothérapie. Le Pr Llorca tient enfin à préciser qu’en phase dépressive, « l’utilisation d’antidépresseurs augmente le risque d’état maniaque. C’est pourquoi ces traitements doivent être associés avec les antipsychotiques ou les anticonvulsivants. Autrement dit, avec un médicament qui empêche la survenue d’un état maniaque. »

 

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