Tatoués, piercés… bourrés ?

Certes, la rime est riche. Mais elle n’est pas dénuée de sens… Un cœur sur le biceps, un clou dans la langue ou le nombril… les amateurs de tatouages et de piercings seraient également, de plus grands consommateurs d’alcool que le reste de la population. C’est le constat d’une équipe de l’Université de Bretagne Sud (Lorient), selon laquelle la multiplication de signes extérieurs sur le corps augmenterait les conduites à risque.

Les auteurs de ce travail publié dans une revue spécialisée internationale, ont mené leurs investigations dans 21 bars de quatre villes bretonnes de taille moyenne : Lorient, Quimper, Vannes et la périphérie de Brest. Près de 3 000 clients ont ainsi été sollicités, dont 1 965 (1 081 hommes et 884 femmes) ont accepté de souffler dans un éthylotest. Il leur a ensuite été demandé s’ils portaient un ou plusieurs tatouages et/ou des piercings.

Tatouages + piercing = conduites à risque ?

« Nous avons observé que les personnes piercées et/ou tatouées avaient consommé davantage d’alcool que les clients qui n’en étaient pas porteurs » explique Nicolas Guéguen, principal auteur de l’étude.

Sur les 884 femmes examinées, 537 ne portaient ni tatouage ni piercing. Celles-ci avient un taux d’alcool moyen de 0,12 mg par litre d’air expiré. En revanche, pour les 84 femmes qui étaient à la fois tatouées et piercées, ce taux s’est avéré deux fois plus élevé. Pour les 124 participantes qui n’étaient que tatouées, il s’est élevé à 0,14 mg/l, et 0,20 mg/l pour les 138 porteuses de piercings.

Côté masculin, 903 sujets ne portaient aucun signe extérieur. Ils présentaient en moyenne un taux d’alcool de 0,18 mg par litre d’air expiré. Un taux légèrement inférieur à celui des 98 tatoués (0,19 mg/l), et des 53 piercés (0,23 mg/l). En revanche, les porteurs de piercings et de tatouages affichaient un taux d’alcool de 0,26 mg/l.

« Ce phénomène avait déjà été mis en évidence » explique Nicolas Guéguen. « Mais c’est la première fois que nous observons une relation entre les tatouages, les piercings et la consommation d’alcool en France ». Le chercheur suggére ainsi que ces marques sur le corps apparaissent comme des signes extérieurs de mal-être, qui devraient interpeller parents et éducateurs.

 

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