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Région L’ex Poitou-Charentes au bord de la faillite ?

0 08.04.2016 16:02
Alain Rousset, président de la nouvelle région Poitou-Charentes-Limousin-Aquitaine.

Alain Rousset, président de la nouvelle région Poitou-Charentes-Limousin-Aquitaine.

Illustration CO - Marie DELAGE

Un audit de la nouvelle région Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes (ALPC) a mis au jour la « situation financière alarmante » d’une des mariées, l’ex-Poitou-Charentes, tandis que l’opposition de droite a émis « un sérieux doute » sur la sincérité des comptes et demandé à son ex-présidente PS, Ségolène Royal, de « s’expliquer ».
L’audit commandé par le président PS de la grande région Alain Rousset a souligné les ratios financiers « performants » de la nouvelle région ALPC à la veille de la fusion (31 décembre 2015), mais masquant des « hétérogénéités », en particulier une « forte dégradation » de la situation de Poitou-Charentes.
Sans la fusion (des trois régions), « nous serions vraisemblablement en train de constater la faillite et la banqueroute de la région » Poitou-Charentes, a affirmé le président de la commission des Finances d’ALPC, Olivier Chartier (Les Républicains), en présentant à la presse les résultats de l’audit mené par Ernst & Young.
« Points noirs » de l’audit concernant le Poitou-Charentes : des retards de paiements s’élevant à 132 millions d’euros, et qui avaient déjà été révélés en février par M. Rousset. Mais aussi une épargne « quasi-nulle » avec un taux net de 0,05 %, une sous-budgétisation, « des dépenses qui ne sont pas inscrites au budget en fonction de la réalité des besoins », a énuméré pour sa part le vice-président de cette commission de Finances, le PS Florent Boudié.
Le cabinet relève aussi, parmi les emprunts, « 56 millions d’euros à très haut risque » qui nécessiteront un plan de désengagement, et 46 M€ d’emprunts « à risque ». Pèsent, enfin, deux crédits-bails pour le renouvellement de TER, obérant la capacité de désendettement.
« C’est une gestion absolument pas maîtrisée, et qui connaît une accélération de sa dégradation très forte » depuis 2013, a résumé M. Boudié. M. Chartier a déploré un « volontarisme politique » en forme de « fuite en avant, un tas de sable de dépenses reportées à des années ultérieures pour éventuel financement ». Il a émis « un sérieux doute sur la sincérité des comptes présentés à l’époque ».
La Chambre régionale des comptes, saisie, devrait rendre un rapport à l’automne. C’est au juge des comptes, qu’il reviendra d’apprécier « d’éventuelles responsabilités », et d’engager le cas échéant des procédures, ont indiqué les élus.
D’ici là, Olivier Chartier a indiqué qu’un complément d’audit, plus poussé, sera engagé, et a estimé qu’il revient à la présidente de Poitou-Charentes de 2004 à 2014, et son successeur Jean-François Macaire « de s’expliquer, d’une façon ou d’une autre, sur la situation ».
L’ancien premier vice président PS de Poitou-Charentes et proche de Ségolène Royal, Yves Debien, a dans un communiqué jeudi rappelé que l’étude d’Ernst & Young est un simple « audit flash réalisé en quelques semaines », qui « ne peut donner une appréciation sur la gestion » de la région. Il a déploré « qu’on cherche à faire oublier les succès des politiques conduites par la Région, sans augmentation d’impôt, grâce à une maîtrise des dépenses ».
Selon Alain Rousset, le complément d’audit attendu permettra notamment d’évaluer le degré de sous-budgétisation, d’opérations engagées au-delà du budget, « afin de savoir très vite quelles politiques on arrête ». « La situation financière dégradée en Poitou-Charentes va nous pousser à harmoniser plus vite, plus fort, les politiques des trois régions », a-t-il ajouté.
Il a refusé de se prononcer sur une éventuelle responsabilité de Mme Royal ou de ses services. « C’est à la Chambre des comptes de rentrer dans le détail, à des magistrats, des juges de faire le boulot. Le mien c’est de redresser les comptes de la grande région ».
Le complément d’audit devra aussi préciser « la nature du risque » des 99 millions de garanties d’emprunt de l’ex-Poitou-Charentes, a précisé M. Boudié. S’agissant des impayés, il devrait révéler selon lui un total autour des 132 M€ connus. Lesquels seront réglés à la fin avril, a par ailleurs indiqué la direction financière de l’ALPC.
Avec l’AFP

À lire également dans « Le Courrier de l’Ouest » - édition des Deux-Sèvres du samedi 9 avril.

 

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