Près de 4 000 cas de paludisme importés en 2011

En 2011, la France a enregistré 3 560 cas importés de paludisme. Soit une baisse de 25% par rapport à 2010. Mais selon Sandrine Houze, responsable du Centre national de référence du paludisme, cette maladie « est à l’origine de 10 décès par an, en France. Or ces derniers pourraient être facilement évités ». Explications.

« Cette situation s’explique par deux raisons principales », explique Sandrine Houze. « D’une part les voyageurs français sont partent pour beaucoup d’entre eux, à destination des zones d’endémie palustre. C’est-à-dire notamment, les pays d’Afrique subsaharienne. Par ailleurs, ces populations sont essentiellement - pour les trois quarts d’entre elles, en fait - d’origine migrante. A l’occasion des vacances scolaires, elles vont retourner dans leur pays d’origine auprès de leur famille. C’est cette population qui est le plus à risque de développer un paludisme au retour du voyage ».

La deuxième raison, c’est que la majorité des patients qui déclarent un paludisme n’ont pas respecté les recommandations de prévention. Celles-ci se résument essentiellement à l’utilisation de moustiquaires, de répulsifs et sur la prise de médicaments de prévention. Ce que l’on appelle des traitements prophylactiques. « Il y a un manque d’information. Les gens ont conscience que le paludisme existe, mais ils ne savent pas que l’endroit où ils se rendent est une région d’endémie palustre. » Pour Sandrine Houze, le coût du traitement prophylactique peut également constituer un frein. Car il n’est pas pris en charge par l’Assurance-maladie. Enfin le dernier point soulevé par notre spécialiste tient au fait que « le paludisme n’est pas considéré comme une maladie grave. Or c’est une maladie potentiellement mortelle. »

Ce manque d’information illustre à quel point il est important de consulter son médecin traitant bien avant le départ à l’étranger. « Il pourra vérifier si les vaccins sont bien à jour. En fonction de la destination, il jugera de la nécessité ou non de mettre en place une prophylaxie anti-palustre. Il donnera des conseils en matière de moustiquaires, de répulsifs. Il va également vous expliquer les risques potentiels liés aux autres maladies ». Cette consultation médicale est incontournable. Toutes les prophylaxies médicamenteuses contre le paludisme en effet, sont à prescription médicale obligatoire.

 

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