Pilules contraceptives : les bonnes pratiques

Face à l’inquiétude des femmes sous contraceptif oral de 3e et 4e générations, le Collège nationale des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF) rappelle les recommandations concernant la prescription de la pilule. Sa préoccupation : l’arrêt brutal et sans consultation médicale de la contraception, avec pour risque une vague d’interruptions volontaires de grossesse (IVG).

« Suite aux études, encore récentes, faisant état d'un sur-risque de thrombose veineuse avec les pilules de 3e génération comparées à celles de 2e génération, la recommandation de prescription d'une pilule de 2e génération en première intention est justifiée », indique le CNGOF. En revanche, il est déconseillé de modifier une contraception établie depuis plusieurs mois. Le risque de thrombose veineuse apparaissant principalement pendant les premières semaines de la prescription.

« Le risque individuel de thrombose veineuse se dépiste en fonction de l'histoire personnelle et familiale de la patiente », souligne la société savante. Pour la thrombose artérielle, le praticien doit prendre en compte les facteurs de risque individuels comme le surpoids, le tabagisme, la sédentarité. Afin de réduire ces risques au maximum, « il convient d'être très rigoureux au cours de la consultation médicale avant toute prescription d'une contraception estro-progestative ».

Le risque de grossesse non-désirée

« Le risque de thrombose lors d'une grossesse est deux fois supérieur à celui des contraceptifs estro-progestatifs, quels que soient la génération ou le mode d'administration de la contraception choisie (oral, vaginal, percutané) », insistent les représentants du CNGOF. Lesquels se disent, inquiets de la survenue possible d’un épisode de « pill scare » (peur face à la pilule). En 1995, un phénomène de panique avait ainsi vu de nombreuses femmes interrompre brutalement leur contraception. Une vague d'IVG s’en était suivie en particulier au Royaume-Uni et en France. « Le nombre d’IVG a presque doublé en trois mois », indique Bernard Hédon, président du CNGOF.

Le CNGOF a réuni depuis plusieurs mois un groupe de travail sur le sujet. « Ses conclusions pourront être publiées après un processus de validation qui n'est pas encore achevé. »

 

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