Personnes âgées : « arrêter les somnifères, c’est possible »

En France, une personne de plus de 65 ans sur trois consomme des somnifères de manière chronique. Et dans la moitié des cas, ces traitements ne seraient pas indiqués. La Haute Autorité de santé (HAS) veut en finir avec la « prescription systématique des somnifères chez les personnes âgées ». Comment arrêter ?

Après l’Académie nationale de Médecine, la HAS veut faire le grand ménage dans les armoires à pharmacie des personnes âgées. Elle souhaite particulièrement diminuer leur consommation de somnifères. Nuits plus courtes, réveils plus fréquents, sommeil fractionné sur la journée... « après 65 ans, le sommeil évolue », décrit-elle. « Ces modifications d'ordre physiologique chez les personnes âgées font l'objet de plaintes en consultation. Et elles débouchent trop souvent sur une prescription de somnifères. »

Dans les faits, seulement une à deux plaintes relatives au sommeil sur dix relèveraient de l’insomnie véritable. Et donc d’une prise en charge par somnifères (hypnotiques). La Haute Autorité rappelle ainsi aux professionnels de santé que « la prescription et le renouvellement des somnifères ne doivent pas être systématiques ». En outre, ces traitements, « ne doivent pas être prescrits sur une longue durée, ce d’autant plus que leur efficacité diminue avec le temps », poursuit la HAS. « De plus, ils induisent des effets indésirables : chutes, risques d’accidents lors de la conduite, troubles de la mémoire ou de l’attention, dépendance... »

Un « sevrage » en douceur

Si vous êtes concerné, pas question toutefois d’arrêter de façon brutale la prise de somnifères. « L’arrêt doit être progressif avec un suivi médical », souligne la HAS. Elle insiste également sur l’impact des « techniques de relaxation et des thérapies cognitivo-comportementales qui peuvent être appropriées à la prise en charge des insomnies ».

Sans oublier bien sûr l’importance d’une « bonne hygiène de vie », comme nous le rappelait en 2010, le Pr Yves Dauvilliers, neurologue et directeur du laboratoire du sommeil au CHU de Montpellier :

Evitez de pratiquer une activité sportive ou de prendre une douche trop chaude juste avant le coucher. Cela élève la température corporelle ;

Dînez léger, en évitant graisses et alcool.

Evitez les excitants (thé, café, cola…) après 17h ;

Maintenez la température de la chambre autour de 18°C ;

Comme la nicotine est un excitant, les cigarettes du soir empêchent de dormir ;

Enfin, couchez-vous dès les premiers signes d’appel - bâillements, yeux qui piquent, nuque lourde - pour ne pas laisser passer le premier cycle de sommeil. Après cela, vous devrez encore attendre deux heures environ…

Une nouvelle campagne contre le mésusage des benzodiazépines

« L’arrêt progressif et encadré de somnifère doit permettre aux personnes âgées de retrouver un sommeil naturel, plus récupérateur, même s’il est plus court ou plus fractionné », conclut la HAS. A noter enfin que les autorités sanitaires (HAS donc, ANSM et Ministère de la santé) lancent ces prochains jours une nouvelle campagne de lutte contre le « mésusage des benzodiazépines », dont font partie les hypnotiques. Elle est principalement destinée aux professionnels de santé.

 

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