Paludisme : les moustiques se jouent des insecticides

Les uns développent des résistances, d’autres modifient leur comportement au point de piquer le matin et non plus à la tombée de la nuit ! Les anophèles, c’est-à-dire les moustiques vecteurs du paludisme, trouvent toujours un moyen d’échapper aux stratégies de lutte antivectorielle mises au point par les hommes… Une étude menée par une équipe de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) vient encore de le confirmer.

« Sur les recommandations de l’OMS, 290 millions de moustiquaires imprégnées ont été délivrées en Afrique sub-saharienne entre 2008 et 2011 », indique l’IRD. « Cela a permis de protéger 580 millions de personnes. Et 80 millions, soit 10% de la population à risque, ont également vu les murs de leur foyer aspergés d’insecticides ».

Pourtant, avec toujours 200 millions de cas chaque année et plus de 700 000 décès dans le monde, dont 80% en Afrique, le paludisme reste un problème de santé publique majeur. Principal obstacle au recul de la maladie : la grande faculté d’adaptation des moustiques qui en sont les vecteurs aux insecticides préconisés, les pyréthrinoïdes.

Des moustiques qui piquent le matin !

Comme le révèlent les travaux de l’IRD menés au Bénin, la résistance à ces produits de la principale espèce vectrice, Anopheles gambiae, est en très forte augmentation. Par ailleurs, l’autre vecteur majeur dans ce pays, Anopheles funestus, a quant à lui opté pour une tactique différente : il évite tout contact avec les insecticides. Habitué à sévir dans les maisons, il pique désormais plus fréquemment à l’extérieur des habitations. En outre, au lieu de s’en prendre à ses victimes à la tombée de la nuit (heure habituelle de la chasse) ou en pleine nuit durant leur sommeil, il attend désormais les premières heures du jour. C’est-à-dire le moment où les habitants sortent de chez eux.

« Le dogme des vecteurs du paludisme exclusivement nocturnes est donc à revisiter, surtout lorsque le moustique est exposé à une forte pression d’insecticides », affirme l’IRD. Ces résultats soulignent « le besoin de développer des outils de deuxième génération, permettant de prévenir la transmission du paludisme, à l’extérieur des habitations ».

 

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