OGM : l’autorité européenne démonte l’étude Séralini

« L’étude Séralini fera-t-elle pschitt ? », nous demandions-nous au lendemain de la publication de ce travail du chercheur caennais sur les OGM ? L’Autorité européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) apporte une première réponse ce jeudi. Le constat est sévère. Selon elle, « l’article (…) est d’une qualité scientifiquement insuffisante pour être considéré comme valide pour l’évaluation des risques ».

L’EFSA a réalisé un examen préliminaire de l’étude réalisée par le Pr Gilles-Eric Séralini et son équipe du CHU de Caen. Dans un communiqué de presse, elle évoque des « lacunes » qui « ne permettent pas de considérer les conclusions des auteurs comme étant scientifiquement valables ». La conception et la méthodologie du travail sont en cause. « Telles qu’elles sont décrites, elles impliquent qu’aucune conclusion ne peut être tirée au sujet de l’occurrence des tumeurs chez les rats testés ». Pour l’Agence, c’est simple : « l’article n’a pas été élaboré conformément aux bonnes pratiques scientifiques en vigueur »…

De trop nombreuses lacunes

Comme c’était le cas du nutritionniste et toxicologue, Gérard Pascal (également ancien directeur scientifique à l’INRA) que nous avions interrogé, l’EFSA met notamment en cause :

La souche de rats utilisée : « sujette à développer des tumeurs au cours de son espérance de vie d’environ 2 ans. Cela signifie que la fréquence observée des tumeurs est influencée par la fréquence naturelle des tumeurs typiques à cette souche, indépendamment de tout traitement » ;

Le fait que les chercheurs n’aient mis en place qu’un seul groupe de contrôle ;

Le fait que les auteurs n’aient pas respecté les « méthodes normalisées reconnues sur le plan international –connues sous le nom de protocoles – en matière de mise en place et de réalisation d'expériences » ;

Le fait qu’aucune information ne soit « donnée sur la composition de la nourriture administrée aux rats, sur ses modalités de stockage ou sur les substances nocives éventuelles – comme les mycotoxines - qu'elle aurait pu contenir ».

En conclusion, comme le souligne le Pr Bergman, qui a dirigé les travaux de l’EFSA : « Lorsqu’on réalise une étude, il est essentiel de s’assurer qu’un cadre approprié soit mis en place. Si on a clairement défini ses objectifs et établi une conception et une méthodologie appropriées, on constitue une base solide à partir de laquelle des données précises et des conclusions valides peuvent être générées. Sans ces éléments, il est peu probable que l'étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité »…

Aller plus loin :

Compte-rendu de l'examen de l’étude par l’EFSA (en anglais) ;

Téléchargez l’étude du Pr Séralini ;

Lisez notre dossier sur les OGM, publié en septembre 2010 et intitulé : Vers un retour des OGM en France ?.

 

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