« Nouvelle maladie » en Asie : et si on arrêtait la psychose ?

« Nous avons vu les articles. Nous suivons la situation mais sans plus… Nous n’adoptons aucune position pour le moment. » Après la publication la semaine dernière d’une étude révélant l’existence d’une nouvelle maladie en Asie, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affiche une certaine distance. Voire une sérénité. Présentée ici et là comme proche du SIDA, l’affection est en fait, selon le Pr Marie-Lise Gougeon de l’Institut Pasteur de Paris « une maladie auto-immune ». Et rare.

Rappel des faits Dans l’édition du New England Journal of Medicine (NEJM) datée du 23 août dernier, des chercheurs américains des National Institutes of Health (NIH), décrivent une maladie - qui ne possède toujours pas de nom officiel - dont les premiers cas remontent à 2004 à Taiwan et en Thaïlande.

« La centaine de patients jusqu’ici recensés - tous asiatiques et ayant dépassé la cinquantaine - souffrent d’une maladie auto-immune », nous a expliqué Sarah K. Browne, co-auteur de l’étude. « Leur système immunitaire agresse en quelque sorte l’organisme au lieu de le défendre. Ils deviennent alors particulièrement sensibles aux risques infectieux. Au même titre également que ceux atteints par le VIH, ils sont davantage exposés aux maladies opportunistes, comme la tuberculose. ».

Chef de l’unité Recherche et Expertise, immunité anti-virale, Biothérapie et Vaccins de l’Institut Pasteur, le Pr Marie-Lise Gougeon, « arrête ici la comparaison entre les deux pathologies. La déficience immunitaire est en effet leur seul point commun. La maladie qui touche l’Asie n’est pas transmissible. Elle n’est pas due à un virus. C’est une maladie auto-immune. ».

Une nouvelle maladie rare

« Nous ne savons pas pourquoi seule l’Asie est touchée » concède le Pr Gougeon. « Quoiqu’il en soit, certains patients semblent avoir bien répondu au traitement antibiotique. La prochaine étape sera de déterminer si la maladie est retrouvée dans d’autres parties du globe. Les chercheurs du NIH ont déjà identifié des porteurs sur le continent américain, tous d’origine asiatique. Mais là encore, on ne sait pas pourquoi cette population est particulièrement touchée. Quoiqu’il en soit, il semblerait que nous ayons affaire à une maladie rare. »

 

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