Recevez gratuitement la lettre d'information générale du Courrier de l'Ouest.
Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Je m'inscris !

Niort Heuliez : le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire

0 30.09.2013 12:18
Heuliez : le tribunal de commerce de Niort prononce la liquidation judiciaire

Heuliez : le tribunal de commerce de Niort prononce la liquidation judiciaire

Photo AFP

Le tribunal de commerce de Niort a prononcé lundi la liquidation judiciaire de l'équipementier Heuliez, en accordant à la société un mois de poursuite d'activité, jusqu'au 31 octobre. Ce jugement laisse du temps à la mise en place d'une Société d'économie mixte où la région Poitou-Charentes sera majoritaire, et qui sera chargée de reprendre l'outil industriel de l'équipementier de Cerizay (Deux-Sèvres) pour permettre une éventuelle relance de l'activité.

+ Inéluctable liquidation d'Heuliez, pour repartir espèrent certains

Une quinzaine des quelque 280 employés d'Heuliez y seront salariés, dans l'espoir toutefois que des contrats ultérieurs permettent de ré-embaucher d'autres anciens salariés. "Cela confirme ce qui était attendu. Le mois de poursuite d'activité sera mis à profit pour créer définitivement la SEM. Les statuts de la société seront approuvés le 18 octobre après un tour de table avec des investisseurs privés", a précisé le vice-président du Conseil régional, Jean-François Macaire.

"Ce n'est pas une surprise, on s'y attendait", a aussi déclaré le syndicaliste CFDT Xavier Cailloux, en précisant que les représentants du personnel participaient, en fin de matinée à une réunion "importante pour l'avenir de l'activité", sans en dire plus.

La SEM sera dotée d'un capital de 650.000 euros. "On voudrait qu'au plus vite elle recède l'actif à un entrepreneur qui pourrait être Cosmos XXI (un groupe espagnol, ndlr), qui attend des commandes d'un grand groupe européen", a pour sa part expliqué M. Macaire.

La décision intervient six mois après le placement d'Heuliez en redressement judiciaire. Elle arrive aussi après des années de difficultés, le premier dépôt de bilan de l'équipementier, qui comptait encore quelque 3.000 employés au milieu des années 2000, remontant à 2007.

La SEM voulue par la présidente de région, Ségolène Royal, a pour but d'éviter à Heuliez de passer à côté d'une opportunité qui pourrait se présenter d'ici quelques mois outre-Rhin, alors que le constructeur allemand Volkswagen l'avait pré-sélectionnée pour une importante commande de pièces détachées.

Si ce contrat se concrétise, a expliqué dimanche Mme Royal, l'outil industriel aura été sauvé et on aura évité son démantèlement, par des prédateurs "qui vendent cher les machines et empochent parfois jusqu'à 30% du montant des ventes".

"Cette usine a des machines d'une grande valeur", souligne-t-elle. Le député socialiste des Deux-Sèvres, Jean Grellier, impliqué dans sa sauvegarde depuis longtemps reste également optimiste : "l'espoir se maintient notamment si Cosmos est capable d'aller chercher le marché de Volkswagen qu'Heuliez avait initié", explique-t-il en soulignant que le "berceau industriel" et le "savoir-faire" existent toujours.

La fin d'Heuliez SAS semblait si inéluctable depuis quelques semaines que les quelque 280 salariés ont déjà négocié un plan social. Le plan de sauvegarde de l'emploi signé jeudi par l'actuel propriétaire Baelen Gaillard Industrie (BGI), l'administrateur, le liquidateur et les représentants des salariés prévoit une prime supra légale de 10.000 euros par salarié et des aides au reclassement d'un montant de près de 500.000 euros.

"L'avenir d'Heuliez ne passe pas aujourd'hui par l'injection de nouveaux fonds de l'Etat, qui a déjà largement soutenu l'entreprise. Il passe par le décrochage de marchés", avait déclaré le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg la semaine dernière, semblant douter de l'intérêt de l'engagement de la région.

Il s'était ensuite ravisé en assurant que son ministère était "tout à fait engagé" dans l'opération visant à allier Heuliez au groupe Cosmos XXI. Heuliez avait bénéficié en 2009 d'une aide de la région de cinq millions d'euros pour son activité voiture électrique, qui se poursuit aujourd'hui dans une autre société, Mia Electric.

La SEM devra continuer dans l'activité de sous-traitance automobile mais doit aussi tenter de développer son activité pour l'industrie aéronautique, a pour sa part déclaré Mme Royal, qui recevra lundi les salariés. Certains d'entre eux réfléchissent aussi à la possibilité de reprendre une partie de l'actif dans le cadre d'une Scop, une société coopérative et participative.

 

inscription à la lettre d'information générale
logo Courrier de l'Ouest

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement la newsletter Courrier de l'Ouest.

Chaque matin, l'essentiel de l'actu est déjà dans votre boîte mail.

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.