Mélanome métastatique : deux nouvelles molécules prometteuses

Encore du nouveau cette année, dans la prise en charge du mélanome malin. Deux nouvelles molécules ont été présentées ce dimanche, à l’American Society of Clinical Oncology (ASCO). Chacune augmente de manière significative la survie sans progression de la maladie.

La première étude a été présentée par le Dr Caroline Robert (photo ci-contre), cancérologue et chef de service de dermatologie à l’Institut Gustave Roussy (IGR) de Villejuif. Elle visait à évaluer l’efficacité d’une nouvelle molécule, le trametinib. Celle-ci agit en inhibant la protéine MEK, qui chez les patients présentant la mutation BRAF participe à la croissance de la tumeur. Au total, 322 patients atteints de mélanome métastatique ou avancé, porteurs de la mutation, ont été inclus dans cette étude.

Une partie a reçu un traitement de chimiothérapie (dacarbazine ou paclitaxel), et les autres ont été traités par trametinib. Les résultats ont montré un risque de progression de la maladie diminué de 56% dans le groupe traité par la nouvelle classe des inhibiteurs de MEK, et une survie sans progression de 4,8 mois contre 1,4 mois pour la chimiothérapie. Le trametinib a aussi démontré un bénéfice significatif en termes de survie globale, avec une diminution du risque de décès de 46% par rapport à la chimiothérapie.

Des progrès importants en deux ans

« C’est la première fois que nous avons un essai de phase III positif avec cet inhibiteur » de la protéine MEK, se réjouit Caroline Robert. « C’est vraiment très stimulant. Et dire qu’il y a encore deux ans, nous n’avions aucun progrès dans la prise en charge des mélanomes », nous a-t-elle confié en marge des séances du congrès.

L’autre molécule présentée hier dans le cadre d’une étude de phase III, vise le gène mutant BRAF. Le dabrafenib s’attaque en effet à une protéine de ce gène, qui favorise la croissance tumorale. Là encore l’efficacité de ce nouveau traitement semble avoir étonné les spécialistes. En comparaison d’une chimiothérapie standard, le dabrafenib a permis de réduire de 70% le risque de progression du mélanome (5,1 mois sans progression contre 2,7 mois). Dans un communiqué, l’Institut Gustave Roussy signale qu’« une combinaison du trametinib et de l’agent ciblant BRAF est très prometteuse ».

En France, plus de 8 000 cas de mélanome sont diagnostiqués chaque année. Le nombre de décès qui leur est imputable est estimé à 1 570. Enfin selon l’Institut national du Cancer (InCA), « parmi l’ensemble des cancers, le mélanome a la plus forte augmentation d’incidence ».

 

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