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Maine-et-Loire Les 7 raisons qui l'ont fait renoncer aux apprentis

1 11.05.2015 17:27
Antoine Trouillard, 56 ans, dirige une petite entreprise d'électricité-plomberie depuis 2003. Photo CO - Laurent COMBET

Antoine Trouillard, 56 ans, dirige une petite entreprise d'électricité-plomberie depuis 2003. Photo CO - Laurent COMBET

Antoine Trouillard, 56 ans, dirige une petite entreprise d'électricité-plomberie depuis 2003. En sept ans, le nombre d'apprentis a chuté de 13 % en région. Un crève-cœur pour le patron électricien.

 

1 Embauches

« Je suis rentré dans la société d'électricité-plomberie Lorinquer en 1977 comme ouvrier, j'avais 19 ans, après un lycée professionnel. Depuis, on formait un apprenti tous les deux ans. J'ai décidé de ne plus en prendre en septembre 2014. J'ai onze ouvriers et j'ai du mal à trouver des chantiers. Si je prenais un apprenti, je n'aurais pas la possibilité de le garder après. Je l'aurai formé pour rien. Je n'ai même pas la visibilité pour le conserver pendant deux ans, la durée de formation pour le CAP. »

2 Responsabilité

« Ce sont souvent des enfants en échec scolaire, parfois à l'abandon. On en arrive à avoir un vrai rôle d'éducateur, à la place de la famille. Dans le contrat d'apprentissage, c'est moi qui suis tenu responsable si cela se passe mal dans le centre de formation. S'il ne va pas au cours, je dois prévenir les parents et l'établissement. »

3 Motivation

« Jusque dans les années quatre-vingt-dix, les apprentis arrivaient en général motivés, avec une perspective. Maintenant, ils viennent parce qu'ils se retrouvent coincés. Il leur faut trouver une formation, donc un maître de stage, sinon ils se retrouvent à la rue. On a fait rêver les jeunes avec des salaires à 5 000 € pour un plombier. Se retrouver avec un salaire de 1 100 €, cela ne les motive pas. »

4 Maturité

« Un jour, j'ai vu un de mes apprentis arriver en Audi dans l'entreprise. J'étais fou, moi-même je ne pourrais pas me payer cela. Aujourd'hui, on ne reconnaît plus le travail. On ne met que l'argent en avant. Mais s'il n'y avait que l'argent, je ne serais pas là. Avec la situation économique actuelle, on voit aussi des gens licenciés de 35-40 ans frapper à la porte. Eux ont la maturité et sont prêts à se former. »

5 Réglementation

« L'administration nous a imposé de plus en plus de normes. On a multiplié les contrôles. Avant il y avait des abus, c'est vrai. Mais on est tombé dans l'extrême. L'apprenti ne peut pas faire plus de 35 heures, doit rentrer chez lui le soir. Mais si je trouve un chantier loin avec des semaines de 40 heures, je ne peux pas le prendre. »

6 Coût

« Le coût d'un apprenti, ce n'est pas le problème. S'il est bon, il méritera son salaire. Le problème, c'est le travail. »

7 Niveau

« Même si la situation économique s'améliorait, je prendrai peut-être des contrats alternance mais de niveau BTS. Le niveau CAP n'est plus suffisant pour s'adapter aux nouvelles compétences. Pour la domotique, il faut savoir manier les logiciels ; pour la télévision, il faut comprendre comment fonctionne la liaison internet. »

Télécharger notre page spéciale sur l'apprentissage dans Le Courrier de l'Ouest de lundi.

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