Les Français meurent (trop) à l’hôpital

Où donc meurent les Français ? Selon la dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), dans plus de la moitié des cas ils entament leur dernier voyage dans un établissement hospitalier. Ce constat qui ressort d’une étude menée de 1993 à 2008 par l’Institut de Veille sanitaire (InVS), traduirait en fait une « surmédicalisation » de la fin de vie. En d’autres termes, nous avons tendance à entourer cette dernière d’un contexte général d’interventions médicales, plutôt que de privilégier la recherche d’une paix – peut-être – plus propice à un départ serein.

En 2008, plus de la moitié des décès (58%) se sont produits dans un établissement hospitalier. Les autres ont eu lieu à domicile (27% des cas), en maison de retraite (11%) ou dans d’autres lieux parmi lesquels bien sûr, la voie publique (5%). Si la proportion des décès survenus à l’hôpital est restée stable durant les 15 années couvertes par cette étude, elle tend à augmenter pour les décès dus à un cancer. A l’inverse, elle diminue pour les morts provoquées par une maladie du système nerveux, comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

Surmédicalisation de la mort par cancers

L’étude de la répartition des lieux de décès s’appuie sur les travaux de l’Observatoire national de la Fin de Vie (ONFV). « Ce travail met en évidence la forte médicalisation de la fin de vie en France, par rapport à ce que l’on observe dans d’autres pays européen », soulignent les rédacteurs du BEH. Or, « la ‘dés-hospitalisation’ de la mort est un enjeu important, tant pour répondre aux souhaits de la population qu’en raison du coût financier lié à une hospitalisation ».

Pour illustrer ce constat, les rédacteurs comparent la France à ses voisins européens. S’agissant de cancers avec tumeurs, 72% des décès dans notre pays se sont produits à l’hôpital en 2003. Certes, ces pathologies nécessitent une prise en charge médicalisée qui fait appel à des traitements complexes et agressifs. Pourtant, d’autres pays présentent une proportion d’hospitalisations bien inférieure. C’est le cas de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Ecosse, de l’Angleterre et du Pays de Galles. En 2003, tous avaient hospitalisé « seulement » 60% des patients qui y sont décédés d’une tumeur cancéreuse.

 

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