Les antibiotiques toujours trop automatiques ?

Malgré une baisse de consommation, l’utilisation des antibiotiques reste encore trop banalisée, chez l’homme… comme chez l’animal. Dans la dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), Christian Rabaud, Président de la Société de pathologie infectieuse de langue française, appelle de nouveau à un « juste usage des antibiotiques ».

« Chaque gramme d’antibiotique utilisé en médecine humaine ou en médecine vétérinaire a un impact sur l’émergence de résistances », explique le Pr Rabaud. Et pourtant, la France se distingue par une consommation d’antibiotiques trois fois supérieure à celle de pays comme la Suisse et les Pays-Bas.

Si les autorités ont bien pris en compte ce problème de santé publique, et si elles y ont bien réagi notamment par la mise en place de campagnes de sensibilisation, la situation reste préoccupante. Au cours des dix dernières années, une diminution de la consommation d’antibiotiques, tant en ville qu’à l’hôpital, a été observée. « Cette baisse a cependant été plus marquée au début des années 2000 et, depuis quelque temps, une tendance à la reprise se manifeste », regrettent cependant les rédacteurs du BEH.

La France dans le peloton de tête

Pour mesurer le niveau de consommation, les chercheurs s’appuient sur la dose définie journalière pour mille habitants et par jour (DDJ/1 000 H/J). Cette dernière est estimée en ville, à 33,4 en 2000 contre 28,7 aujourd’hui. A titre de comparaison, cet indicateur est de 11,4 aux Pays-Bas, de 13,9 en Suède, de 14,9 en Allemagne ou encore de 17,3 au Royaume-Uni. Seule la Grèce avec une consommation de 38,6 DDJ/1 000 H/J surpasse la France.

Ces chiffres justifient selon le Pr Rabaud « le nouveau ‘Plan d’alerte sur les antibiotiques (2011-2016)’ qui pour la première fois, affiche un objectif quantifié de réduction de 25% des consommations d’antibiotiques en médecine humaine ». Un autre plan concernant cette fois la médecine vétérinaire, a été lancé. « Cette coexistence était indispensable, car il n’existe aucune barrière à la diffusion des bactéries multi-résistantes ».

Des résistances inquiétantes…

Entre 2001 et 2010, la France a enregistré une baisse régulière de la proportion de souches résistantes à la méticilline, dans le cas d’infection à S. aureus (SARM), plus connu sous son petit nom de staphylocoque doré. Pour les rédacteurs du BEH, « la France fait partie du petit nombre de pays où (cette forme de résistance) a nettement diminué, suite à la mise en place des programmes de contrôle ». Mais ces derniers doivent être développés pour les entérobactéries, comme E. coli.

 

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