Le virus de l’encéphalite japonaise traqué en Europe

Un chercheur italien aurait pour la première fois découvert des « traces » du virus de l’encéphalite japonaise en Europe ! Faut-il craindre, à l’instar du virus du Nil occidental, une migration de ce virus sous nos latitudes ? La question fait débat au sein de la communauté scientifique. Interrogé par l’agence de presse Destination Santé, le Dr Hervé Zeller, du Centre européen de prévention et du contrôle des maladies (ECDC) de Stockholm, en Suède, nous donne son point de vue... plutôt rassurant.

L’information est rapportée par les rédacteurs d’Eurosurveillance, le bulletin d’information européen sur les maladies infectieuses. En 2010, un scientifique italien, le Dr Paolo Ravanini, chercheur au sein du laboratoire de virologie moléculaire de Novara en Italie, a identifié un fragment du virus de l’encéphalite japonaise au sein de l’ARN d’un moustique, retrouvé en Italie.

Le Dr Hervé Zeller s’est alors penché sur les observations de son confrère. Selon lui, la présence du virus de l’encéphalite japonaise est loin d’être confirmée. Certes, « la détection d’un court fragment d’ARN viral du virus de l’encéphalite japonaise pose la question de l’introduction du virus en Europe. Mais il faut être très prudent en l’absence d’autres éléments qui pourraient confirmer une telle présence » nous explique-t-il.

En effet poursuit-il, « à ma connaissance, il n’a pas eu d’autres indications de la présence de ce virus en dehors de l’Asie ». C’est pourquoi le scientifique appelle au lancement de nouvelles études complémentaires, afin de confirmer -ou d'infirmer - la présence du virus de l’encéphalite japonaise en Europe.

Un risque épidémique limité

Comme l’ajoute le Dr Zeller, si la présence du virus venait cette fois à se confirmer, une évaluation du risque de transmission de l’animal à l’homme devra être conduite, même si les risques d’épidémies sont très limités ».

Rappelons que le virus de l’encéphalite japonaise se transmet par la piqûre de moustiques appartenant aux groupes Culex tritaeniorhynchus et Culex vishnui. La plupart des infections sont asymptomatiques ou bénignes (fièvre et céphalées) mais dans un cas sur 200, la maladie peut entraîner le décès.

En Asie, 30 000 à 50 000 cas cliniques sont signalés chaque année. Un vaccin est disponible, mais il est coûteux et nécessite deux doses de rappel après la première injection.

 

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