Le paludisme, la "vieille maladie" qui revient

« Le paludisme est l’une des plus vieilles maladies de l’Humanité » nous explique le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à la Pitié Salpêtrière. « Les premières traces historiques que nous en ayons, viennent d’Hippocrate qui a décrit au Ve siècle avant Jésus-Christ, les fièvres tierce et quarte ». A l’occasion de la Journée mondiale du paludisme, retour historique sur une maladie qui tue encore aujourd’hui près de 900 000 personnes dans le monde chaque année.

Ensuite, la maladie traverse les siècles mais également… les océans et les continents. En effet, en 1620 au Pérou des pères jésuites espagnols sont guéris de fièvres intermittentes par une décoction réalisée avec l’écorce d’un arbre. « C’est ainsi que fut découverte la quinquina dont on tire la quinine, un antipaludéen naturel ». A cette époque le paludisme touche toute l’Europe.

« Au cours du XIXe siècle, les scientifiques ne vont cesser de progresser dans la connaissance de la maladie et de ses traitements. En 1820 Pelletier et Caventou, de la Faculté de Pharmacie de Paris, vont isoler l’alcaloïde actif du quinquina : la quinine. En 1860, le Dr Alphonse Laveran découvre à Constantine en Algérie, l’agent du paludisme. C’est l’hématozoaire, ou plasmodium. Une découverte fondamentale ».

Le paludisme se dévoile à la fin du XIXe siècle

En 1897, c’est un médecin anglais, Ronald Ross, qui établit le rôle du moustique comme vecteur du paludisme. Le XXe siècle lui, sera marqué par de nombreuses recherches sur les médicaments, les antipaludiques et les insecticides.

« Aujourd’hui en plein XXIème siècle, les Français ont oublié que le paludisme existe toujours », s’inquiète François Bricaire. « Chaque année, nous enregistrons en France plus de 4 000 cas. Il s’agit le plus souvent de patients qui n’ont pas suivi de traitement prophylactique lors d’un voyage ou d’un séjour en zone impaludée. Il est donc impératif que nous informions tous ceux qui se rendent dans les zones les plus à risque, principalement en Afrique mais également en Asie et en Amérique latine. Nous avons les moyens de nous protéger. Encore faut-il que nous les utilisions ».

Pour le traitement, un partenariat gagnant !

Sur le front des traitements, il y a du nouveau. Medecines for Malaria Venture (MMV) qui a été créé en 1999 est un partenariat public-privé à but non lucratif, associant des laboratoires pharmaceutiques et des organes de recherche pour le développement clinique de nouveaux traitements. L’un des partenariats les plus avancés en la matière concerne le développement depuis 2004, d’une combinaison thérapeutique inédite. Sous l’égide de MMV, celle-ci s’est déroulée dans le cadre d’une collaboration entre l’Université d’Oxford (Grande-Bretagne), le laboratoire italien Sigma-Tau et la société chinoise Chongking-Holley.

 

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