Le diabète bientôt traité par… chirurgie

En France et dans la plupart des pays où elle s’est développée, la chirurgie bariatrique n’est indiquée que pour la prise en change des cas d’obésité sévère. Ces interventions permettent en effet d’obtenir une perte pondérale durable. Mais depuis plusieurs années maintenant, différentes équipes ont observé que cette voie chirurgicale permettait aussi d’obtenir une réduction des co-morbidités de l’obésité, c’est-à-dire des maladies qui lui sont associées. Et ce serait particulièrement vrai du diabète de type 2. L’Académie nationale de médecine et l’Académie nationale de chirurgie réclament néanmoins que des études plus approfondies soient menées avant d’élargir les indications de cette chirurgie.

La pose d’un anneau gastrique, le gastric by-pass (GBP) ou encore la dérivation bilio-intestinale sont toutes des techniques de chirurgie bariatrique. Elles ont pour objectif commun l’obtention d’une perte pondérale durable chez les patients atteints d’obésité sévère ou morbide. Selon les exigences de la Haute Autorité de Santé (HAS), les candidats à cette forme de chirurgie doivent donc présenter un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 35.

Les bénéfices de ces interventions toutefois, ne se limitent pas à la perte de poids. « La chirurgie bariatrique induit d’indéniables bénéfices sur le métabolisme glucidique, indépendamment de la perte pondérale. Chez de nombreux patients, une apparente rémission du diabète est même observée », soulignait déjà François Pattou du Service de Chirurgie générale et endocrinienne au CHRU de Lille, dans l’édition de janvier-février 2011 de la revue Médecine Clinique endocrinologie & diabète.

Faut-il opérer des diabétiques moins gros ?

« La possibilité de traiter plus précocement les troubles métaboliques (dus au diabète de type 2) en élargissant les indications chirurgicales aux patients moins gros s’est progressivement dégagée », indique le Pr Claude Jaffiol, membre de l’Académie nationale de médecine. « Pourtant, on ne peut bien sûr pas opérer les 3 millions de diabétiques de type 2 en France. D’autant que ces opérations sont irréversibles, et qu’elles modifient de façon importante les structures du tube digestif. »

Par ailleurs, ajoute le Pr Jaffiol, « ces interventions ne sont pas dénuées de complications péri et post opératoires. En outre, de nombreuses incertitudes demeurent concernant les mécanismes en jeu dans l’amélioration rapide de l’équilibre glycémique ». Par conséquent, « cette approche innovante ne pourra réellement tenir ses promesses que si elle est suffisamment validée, et mieux évaluée dans le temps », estiment les Académies nationales de médecine et de chirurgie.

 

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