La vaccination, aussi pour les ados

Actuellement en France, seul un adolescent sur trois serait à jour de ses vaccins ! A l’occasion de la Semaine de la vaccination, le Dr Georges Picherot, chef du Service clinique médicale pédiatrique au CHU de Nantes, nous explique sur quels leviers agir pour améliorer cette situation.

La trop faible couverture vaccinale des adolescents, en France, explique en partie l’épidémie de rougeole qui frappe le pays depuis 3 ans. « Nous sommes aujourd’hui à un taux de couverture pour les deux doses, qui est trop faible pour aboutir à une diminution de la circulation du virus », explique le Dr Picherot. Résultat, près de 15 000 cas ont été enregistrés en 2011, contre seulement 40 en 2008…

Depuis le début de cette année, 228 cas ont été notifiés dont 8 pneumopathies graves. Selon l’Institut de Veille sanitaire (InVS), « près de 50% des cas enregistrés en 2010 concernaient les 15 ans ou plus, alors que c’est dans cette tranche d’âge que les complications sont les plus fréquentes et les plus sévères ». Par ailleurs souligne le Dr Picherot, « la majorité des cas chez les adolescents s’explique par un défaut de vaccination ». Si notre retard dans le domaine de la vaccination anti-rougeoleuse est considérable, ce n’est pas là malheureusement, le seul point sur lequel un effort majeur est nécessaire…

« Expliquer à quoi servent les vaccins

Concernant la coqueluche par exemple, notre spécialiste tire là encore les mêmes conclusions. « Seuls 30% des adolescents ont fait leur rappel vaccinal. Ils constituent un réservoir pour la propagation de la coqueluche, en particulier chez les nourrissons ». Enfin la vaccination contre le cancer du col de l’utérus doit être améliorée en France. Seulement 39% des jeunes filles qui avaient 14 ans début 2011 ont débuté un schéma vaccinal.

Selon le Dr Georges Picherot, plusieurs freins s’opposent à la vaccination des adolescents. « Pourtant ces derniers ne sont pas opposés à ce geste. Mais ils manquent d’autonomie par rapport à leur santé. Ils ont par ailleurs très peu de rencontres médicales, en moyenne deux par an. C’est le chiffre le plus faible de toute la vie. Et le dernier frein est lié à l’attitude des parents. Soit ils sont opposés à la vaccination, soit ils n’y pensent pas, s’imaginant que la vaccination concerne uniquement les nourrissons ».

C’est pourquoi les spécialistes du vaccin insistent sur plusieurs messages clefs. « Il est essentiel d’expliquer à quoi servent les vaccins. Ces derniers doivent par ailleurs faire l’objet de discussions dans toute rencontre médicale », conclut Georges Picherot.

 

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