La fumée interdite des bars à chicha

Les salons à narguilés – que l’on appelle aussi des bars à chicha – doivent eux aussi respecter la réglementation anti-tabac ! A Nantes la semaine dernière, les services des douanes et la police municipale ont effectué une « descente » dans quatre de ces établissements, qui ne disposaient pas de fumoirs homologués ! « Malheureusement, ces opérations sont très rares », regrette Gérard Audureau, président de l’association Droits des non-fumeurs (DNF).

Tables basses, fauteuils confortables, ambiance cosy… il y aurait plusieurs centaines de bars à chicha en France : « entre 250 et… 800 selon les sources », poursuit-il. « Le chiffre précis n’est pas connu. Ce qui est sûr, c’est que 95% d’entre eux n’ont pas de fumoir ».

Pour cette raison, ils sont hors-la-loi. « Sans compter qu’un grand nombre d’entre eux ne sont pas autorisés à revendre du tabac. Malgré ces illégalités, on les laisse exercer. Au cours des six dernières années, la DNF a écrit à tous les procureurs de la République de France, pour leur signaler le problème et leur demander d’agir. Nous n’avons pas eu la moindre réponse ».

Une porte d’entrée dans le tabagisme ?

Au-delà de l’aspect légal, le principal argument avancé par les associations est d’ordre sanitaire. Contrairement aux idées reçues, la fumée de chicha n’est pas moins dangereuse que celle de la cigarette. Comme l’explique l’Office français du Tabagisme (OFT) sur son site Internet, « la combustion est plus douce (450°C pour la chicha contre 900°C pour la cigarette) mais moins complète ». La fumée de narguilé génère donc plus de toxiques, constituant en outre une source de tabagisme passif particulièrement intense.

Gérard Audureau cite également des « enquêtes faisant état d’une proportion importante de mineurs dans la clientèle de ces établissements. Il s’agit en plus d’une porte d’entrée efficace pour recruter les nouveaux fumeurs. »

Malgré ces arguments, les descentes de police comme celle opérée à Nantes sont très rares. Dans la Cité des Ducs, il semble que tout soit parti des plaintes répétées d’une jeune femme vivant dans un appartement situé au dessus d’un salon à narguilé. « Depuis l’ouverture de ce bar en avril 2011, mon bébé ne dort plus dans sa chambre enfumée de narguilé », a-t-elle déclaré dans les colonnes de notre confrère Presse-Océan. « Des prises de sang ont démontré qu’il présentait un taux de monoxyde de carbone supérieur à celui d’un fumeur… ».

 

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