« Je n’ai jamais envie de faire l’amour »

Julien 26 ans, et Marie 22 ans, partagent leur existence depuis près d’un an. Ils s’aiment et viennent même de se pacser. Au premier abord, ils constituent un couple « normal ». Pourtant un élément les distingue de beaucoup d’autres amoureux : ils n’ont jamais de relations sexuelles.

Une vie sans sexe, cela peut paraître inconcevable à la plupart des hommes et des femmes. Mais pas pour ce jeune couple. « Je n’ai jamais envie de faire l’amour », confie Julien. Pour autant, il se masturbe pour « soulager des besoins physiques ». Sa compagne Marie, de son côté, n’a « pas de désir sexuel et n’a donc pas besoin d’avoir de rapports ». Elle ne pratique le plaisir solitaire que « très rarement. Mon excitation sexuelle n’est jamais assez grande pour atteindre suffisamment de plaisir ».

Tous deux se sont rencontrés sur le site asexuality.org/fr/. Et ils s’aiment d’amour. Pour nos deux tourtereaux cependant, l’amour et le sexe sont définitivement distincts. « Beaucoup de gens couchent sans amour. Pour moi, c’est la même chose mais à l’envers » explique Julien. Sa compagne avoue « idéaliser énormément le sexe. Je vois ça comme un moment de tendresse particulièrement poussée, un câlin plus intense. Malheureusement le sexe, dans la société et dans l’esprit des gens, n’est qu’une histoire de pulsions, l’assouvissement d’un besoin ».

Le sexe est-il un besoin primaire ?

Marie a donc décidé de ne pas « forcer son corps ». Elle n’a d’ailleurs jamais pratiqué la pénétration. Pour elle, ce désir ne devrait pas avoir la dimension d’un besoin physique primaire. « Le sexe ne devrait pas être nécessaire dans un couple, mais devenir un « plus », un moment intense et spécial, sans devenir banal. J’ai toujours trouvé le désir sexuel égoïste. Vouloir utiliser le corps de l’autre pour prendre son plaisir m’a toujours révolté », développe-t-elle.

« S’assumer comme asexuel »

L’asexualité, pour Julien et Marie, est « un état de fait, comme l’homosexualité ». Avant de se définir comme tel, leur rapport à la sexualité n’était pas le même. Marie pensait avoir des problèmes de libido. En cherchant des informations à ce propos sur Internet, elle a découvert des sites sur l’asexualité. « Je me suis rendue compte que je n’étais pas malade ni anormale », raconte-t-elle.

De son côté, comme de nombreux adolescents Julien a commencé par éprouver de la curiosité envers le sexe. « Mes amis évoquaient quelque chose de formidable. J’avais envie d’essayer pour voir », confie-t-il. Pourtant, si l’expérience lui a plu, il avoue comme une déception. « Ce n’était pas aussi bien que je le pensais ». Malgré tout, il a continué à entretenir des relations sexuelles avec celle qui était alors, sa petite amie. « C’est quand même un acte d’amour », note-t-il.

« Mais une fois ma relation terminée, rien ne m’obligeait à passer à l’acte à nouveau. Pour quoi faire ? » Découvrant lui aussi l’asexualité sur Internet, il a décidé de ne plus faire l’amour. Il insiste pour préciser : « L’asexualité n’est pas l’abstinence. Pour s’abstenir de quelque chose, il faut en avoir envie ».

Dans ces conditions, comment faire des enfants ?

Il n’en reste pas moins que ce jeune couple souhaite avoir des enfants « un jour ». Pour ce faire, ils ont une vision sensiblement différente de la technique à adopter. « J’aimerais avoir des enfants de façon naturelle », avoue Julien. En effet s’il s’agit de procréer, le sexe a un but. « Marie est un peu plus réticente en la matière », pense-t-il savoir.

Pourtant, la jeune femme indique « espérer avoir des enfants avec des relations sexuelles. Mais il faudra que j’en aie envie. Je refuse de forcer mon corps », conclut-elle.

 

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