Infertilité : la parole des patients

Confrontés à la difficulté d’avoir un enfant, les couples ont besoin de s’exprimer et, surtout, d’être entendus. Un constat dressé par une sage-femme nantaise il y a dix ans, déjà. Pour répondre à cette demande non satisfaite par le schéma courant du système de soins, elle a créé AMPhore. Cette association offre à tous les patients concernés un espace de parole et d’écoute non-médicale, dans le grand-Ouest. Les hommes se révèlent particulièrement demandeurs de cette oreille attentive.

Face à l’infertilité, chaque couple a une histoire différente. « Même s’ils ont des points communs, le ressenti est d’une grande diversité », souligne le Dr Miguel Jean, chef de service Biologie et Médecine du Développement et de la Reproduction au CHU de Nantes. Membre d’AMPhore, il souligne que tous ressentent le besoin d’être entendus. L’association s’efforce de répondre à cette demande, en organisant des groupes de discussion, des entretiens individuels et des soirées débats. La prochaine a porté sur « La fertilité dans notre assiette » et s’est déroulée le 4 avril à Nantes. Mais pas à l’hôpital, non. A la Maison des Syndicats, un espace associatif totalement ‘démédicalisé’, si l’on ose dire.

Ces rencontres sont animées par une dizaine de bénévoles, tous professionnels de santé en fin de carrière ou jeunes retraités, expérimentés dans le soin et l’écoute. « L’idée est toujours d’accompagner – au sens large – les patients confrontés à l’infertilité, en dehors du cadre strictement médical », souligne Miguel Jean.

L’homme face à l’infertilité

Et les hommes donc, sont particulièrement demandeurs. « Le gynécologue est le médecin des femmes. Le compagnon a donc souvent du mal à se situer dans cette relation. Et il est difficile au médecin d’écouter ce que Monsieur souhaite exprimer », explique le Dr Jean. Or le besoin est immense. « Il suffit de leur donner la parole pour se rendre compte qu’ils souhaitent dire leur souffrance et leur désir de paternité », poursuit-il.

De plus, lorsque l’infertilité du couple vient de lui, l’homme ressent une grande culpabilité. « Ils disent souvent leur mal-être face à la médicalisation lourde imposée à leur compagne dans le cadre de la Procréation médicalement assistée (PMA) ». L’association créée à Nantes, offre donc à chacun le moyen d’exprimer ses difficultés face à cet obstacle que la vie met à la Vie.

Aujourd’hui, l’association possède une antenne à Rennes et siège au Conseil d’orientation de l’Agence de la Biomédecine. « C’est très important, car nous pouvons ainsi faire entendre la voix des patients », insiste le Dr Jean. Un moyen d’agir sur l’évolution de la prise en charge de l’infertilité au niveau national.

Aller plus loin :

www.agence-biomedecine.fr ;

www.procreationmedicale.fr ;

www.desirer-un-enfant.fr.

 

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