Homoparentalité : touche pas à ma famille !

Estimer le nombre de familles homoparentales en France, c’est mission impossible. Bien des organismes éminemment qualifiés s’y sont cassé les dents. L’Institut national d’Etudes démographiques (INED) avance une fourchette de 24 000 à 40 000 enfants résidant avec un couple de même sexe. Peut-on pour autant parler de « famille » ? Ce n’est pas l’avis du Conseil d’administration de la Caisse nationale des Allocations familiales (CNAF). Ce dernier en effet, s'est déclaré le 18 octobre 2012 « opposé au projet de loi -présenté ce 7 novembre - visant à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples homosexuels ». Il considère en effet qu’il y aurait là une « remise en cause de la famille ». Les représentants du Collectif pour l’enfant qui réunit 80 associations de défense de la famille et de l’enfant, et l’Association des Familles homoparentales (ADFH) ont accepté de nous livrer leur point de vue sur la question.

« C’est l’altération de la famille ! »

Lors de la campagne pour les élections présidentielles de 2007 déjà, la question du mariage homosexuel et par extension de l’homoparentalité, avait occupé le devant de la scène politique. C’est dans ce contexte qu’avait été mis en place le Collectif pour l’enfant.« Nous étions mal à l’aise avec cette question qui remet clairement en cause la famille » explique Béatrice Bourges, porte-parole du Collectif. Selon elle, le projet de loi Taubira apporte son lot de questions… sans nécessairement proposer de réponses. La difficulté identitaire qui risque de s’imposer à l’enfant, est l’une de ces interrogations. « L’enfant serait élevé dans l’altérité sexuelle. Un psychologue me racontait qu’il a une patiente élevée par deux femmes. Eh bien cette jeune fille ne s’y retrouve pas dans sa vie quotidienne. Elle exprime son besoin d’avoir une mère. Là, elle en a deux et ne parvient pas à se repérer ».

Autre sujet de discorde, la procréation médicalement assistée (PMA). « Pour deux hommes souhaitant avoir un enfant, il devra exister une option de ‘Gestation pour autrui’. Ne risque-t-on pas alors, de tomber dans une marchandisation du corps de la femme ? Et lorsqu’un couple gay demandera à une amie de porter leur enfant, que dira-t-on à l’enfant ? Tu as 3 parents ? C’est la notion même de famille qui est remise en cause ! »

A la question de savoir ce que le Collectif attend des pouvoirs publics, sa porte-parole répond que sa demande est celle « d’un débat de fond où seraient abordées toutes ces questions, et pas seulement leurs aspects les plus superficiels. Enfin nous sommes en faveur d’un référendum. Pour donner la parole au plus grand nombre sur ce sujet qui concerne effectivement, tout le monde ».

« Ancrer dans la loi la pluralité familiale »

Depuis trois ans, l’Association des Familles homoparentales (ADFH) milite pour une reconnaissance des parents de même sexe. « On estime aujourd’hui à 300 000 le nombre d’enfants vivant dans une famille homoparentale » nous explique Alexandre Urwicz, co-président de l’association. Soit dit en passant, cette estimation est pratiquement 10 fois supérieure à celles de l’INED, réalisées sur des bases a priori vérifiées... Selon Alexandre Urwicz, l’homoparentalité ne se limite pas à ce qu’un couple gay ou lesbien élève un enfant. « Dans un cadre monoparental par exemple, si le parent est homosexuel on parle là aussi d’homoparentalité ».

Il se défend de remettre en cause la famille. « On ne touche à rien. On enrichit. On ancre dans la loi la pluralité de la famille. L’image de la famille a changé ». Et « être parent, c’est élever un enfant, le protéger… Cela va bien au-delà de la réalité biologique ».

Le membre de l’ADFH dénonce en outre « les obstacles administratifs. Car à côté du parent biologique ou du parent légal en cas d’adoption, apparaît la notion de parent social. Un deuxième papa ou une deuxième maman qui ne sont pas liés à l’enfant par la filiation ou la loi ».

Aller plus loin

Retrouvez le point de vue de Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, spécialiste de la parentalité dans les couples homosexuels pour qui l’homoparentalité est synonyme de « famille comme les autres »

Prenez connaissance des réserves du Dr Christian Flavigny, Directeur du département de psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris).

Enfin dans la mesure où l’Organisation mondiale de la Santé donne comme définition de la santé « un état de complet bien-être physique, mental et social », nous avons aussi donné la parole aux représentants des principales religions présentes en France. Retrouvez ici le point de vue porté sur le mariage homosexuel par ces autorités religieuses :

Le point de vue de l’église catholique ;

Le point de vue du Grand Rabbin de France ;

Le point de vue de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris.

 

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