Grossesse, antidépresseurs et… retard de langage ?

Des médecins canadiens mettent une nouvelle fois en garde les femmes enceintes traitées par certains antidépresseurs. Notamment les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS), qui constituent la plus récente génération de médicaments utilisés en cas de dépression. Ces derniers en effet, auraient une incidence sur le développement du langage chez l’enfant à naître.

Le Pr Janet Werker et son équipe du département de psychologie de l’Université de Colombie britannique à Vancouver, ont constitué trois groupes de jeunes mamans. Certaines souffraient de dépression et suivaient un traitement par IRS. D’autres n’étaient pas sous traitement et enfin, les femmes du troisième groupe « ne présentaient pas de symptômes de dépression ».

Les auteurs en fait, se sont principalement intéressés aux bébés de ces femmes. En les soumettant à différents tests au cours de leur première année de vie, ils ont évalué la manière dont ils accédaient au langage. Précisément entre les 6e et 10e mois, « une période cruciale pour le développement du langage » souligne Janet Werker.

Les nourrissons ont ainsi été exposés à différentes langues, et leurs réactions analysées avec précision. De quelle façon, sachant qu’à cet âge les enfants n’échangent pas… par la parole ? Eh bien, les médecins ont procédé en mesurant leur rythme cardiaque et – ce qui peut paraître plus inattendu – leurs mouvements oculaires !

Grossesse et médicaments : toujours avec le médecin

Il ressort de ces résultats, que les enfants exposés in utero aux IRS démarrent bien plus tôt le « travail d’harmonisation des sons » que les autres. Est-ce une bonne nouvelle qui traduirait une plus grande préocité ? Pas vraiment, si l’on en croit Janet Werker. « Le système des sons ne devient mûr pour l’apprentissage du langage, qu’aux alentours de 9 à 10 mois », explique-t-elle. « S’il est plus précoce, il est possible que cet apprentissage ne soit pas aussi fin et précis. Et par conséquent cela peut avoir des effets négatifs sur le développement du langage ».

Ce travail est naturellement l’occasion de rappeler que toute femme enceinte doit s’abstenir de prendre quelque médicament que ce soit, sans l’avis de son médecin traitant ou de son gynécologue. Plusieurs études ont en effet montré que les IRS – pour ne citer que ces médicaments- augmentaient aussi le risque de malformations congénitales et d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP).

 

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