Grève des chirurgiens : opérations reportées

En protestation contre l’accord d’encadrement des dépassements d’honoraires signé le 25 octobre dernier, les chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens libéraux ont décidé une grève illimitée à compter de ce lundi 12 novembre. A l’appel du syndicat majoritaire Le Bloc, ce mouvement concernait déjà 70% des cliniques et hôpitaux privés, dès le premier jour. Dans ce contexte, comment les cliniques vont-elles gérer la fermeture des blocs opératoires ? Quelles interventions chirurgicales peuvent être différées ? Lesquelles seront transférées vers les établissements publics ?

Les chirurgiens exerçant dans les cliniques et hôpitaux privés sont des praticiens libéraux. C’est le cas des 28 médecins du secteur 2 de la Clinique Jules Verne à Nantes. Parmi eux, 23 feront grève cette semaine. « La majorité des interventions a été déprogrammée et reportée à une date ultérieure » indique Olivier Bossard, directeur de l’établissement.

Même si aucune des opérations chirurgicales pratiquées dans la clinique ne relève de l’urgence vitale, certaines ne peuvent attendre. C'est également le cas des suites opératoires qui nécessitent une ré-intervention rapide. « Dans ce cas, les chirurgiens ont décidé malgré la grève, d’opérer. C’est au praticien de décider », précise-t-il.

Des patients sous pression

D’autres interventions comme les accouchements, ne peuvent, par définition être reportées. « La plupart des obstétriciens ont anticipé ce mouvement de grève en prévenant les patientes qui devaient accoucher cette semaine », indique Jean-Loup Durousset, président de la Fédération des Cliniques et Hôpitaux privés de France (FHP). Les futures mamans ont donc dû, au dernier moment, se tourner vers un établissement public.

Une situation difficile à vivre. « La grève fait peser sur les patients ayant une opération ou un accouchement programmés, une pression insupportable », estime le Collectif Interassociatif sur la Santé (CISS). « D’ores et déjà, la consigne est de réorienter les personnes concernées vers l’hôpital public. Avec les conséquences que l’on peut pressentir sur la désorganisation supplémentaire de cet hôpital public qui n’en a nul besoin ! », ajoutent ses représentants.

Les raisons d’une grève

Les praticiens libéraux ont décidé de faire grève pour protester contre l’accord encadrant les dépassements d'honoraires, signé le 25 octobre par les trois principaux syndicats de médecins libéraux, généralistes et spécialistes (CSMF, SML, MGFrance). Les praticiens s’estiment stigmatisés par le gouvernement. Ils s’élèvent contre la limitation des dépassements d’honoraires qui leur est imposée par ce texte. En parallèle, un mouvement de grève a également été lancé par des internes et chefs de cliniques. Leurs revendications portent, elles, sur les conditions de travail et les entraves à la liberté d’installation des futurs médecins.

 

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