Greffe d’organe : rejet du troisième type

C’est une découverte majeure. Des chercheurs français ont identifié une cause nouvelle - et un processus distinct - à la survenue du rejet de greffe d’organe. Leurs travaux ont porté sur le suivi de transplantations rénales, mais ils assurent néanmoins que leur découverte ouvre « un très large champ d’investigation dans le domaine de la transplantation » en général. Explications.

Jusqu’à présent, deux types de rejets de greffe étaient identifiés dans la classification internationale :

Le rejet dit « cellulaire », dépendant principalement des lymphocytes T ;

Le rejet dit « humoral », occasionné cette fois-ci par la production d’anticorps dirigés contre le greffon.

Pendant 6 ans, Carmen Lefaucheur et Alexandre Loupy (Unité mixte INSERM/Université Paris Descartes 970) ont analysé une population de 2 079 transplantés rénaux dont 302 ont présenté un épisode de rejet aigu. A partir de ce travail, ils ont mis en lumière l’existence d’un rejet qu’ils qualifient de vasculaire. Celui-ci est caractérisé par « l’inflammation des artères du greffon en réponse à la présence d’anticorps dirigés contre le donneur ».

Il s’agit donc en quelque sorte, d'une forme de rejet associant aux caractéristiques du rejet humoral une composante vasculaire. Comme nous le précise Alexandre Loupy, "c'est même encore un peu plus complexe car ce rejet comporte également une composante d'infitration du parenchyme rénal qui se voit dans certaines formes de rejet cellulaire grave. C'est donc une entité à part entière et assez complexe sur le plan histologique, d'où la difficulté de bien le classer."

Les auteurs démontrent également que « l’utilisation d’une thérapie ciblant les anticorps améliore significativement le pronostic de la greffe chez ces patients ». Publié dans The Lancet, ce travail va conduire à une modification des critères internationaux de rejet.

 

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