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France Charlie Hebdo : la traque des ennemis publics n° 1 continue

0 09.01.2015 07:41
Les membres du GIGN et du RAID déployés le 8 janvier 2015 à Corcy dans le nord est de la France

Les membres du GIGN et du RAID déployés le 8 janvier 2015 à Corcy dans le nord est de la France

Photo AFP

Malgré deux jours de traque, les frères Kouachi, jihadistes français soupçonnés d'avoir perpétré la tuerie à Charlie Hebdo, sont toujours en fuite vendredi, jour de prière dans les mosquées qui rendront hommage aux douze morts du pire attentat depuis plus d'un demi-siècle en France.

+ Toutes nos dépêches sur l'attentat contre Charlie Hebdo en cliquant ici

Depuis jeudi, les recherches des forces d'élite se concentrent dans une vaste zone rurale et boisée à quelque 80 km au nord-est de Paris, à cheval entre l'Aisne et l'Oise.

L'imposant dispositif des policiers du Raid et des gendarmes du GIGN, qui ont passé au peigne fin plusieurs recoins, a été allégé durant la nuit. Mais les hélicoptères ont tournoyé encore plusieurs heures dans l'obscurité, et les membres des forces de l'ordre, armés et cagoulés, ont continué de contrôler de nombreux axes de la région, ont constaté des journalistes de l'AFP.

C'est dans cette zone que les deux fugitifs, Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans, ont été formellement reconnus jeudi matin par le gérant d'une station-essence qu'ils ont agressé près de Villers-Cotterêts. Visage découvert, ils étaient armés de Kalachnikov et disposaient d'un lance-roquette dans leur voiture, selon la vidéosurveillance.

Un autre tireur est aussi recherché par la police: celui d'une fusillade dans laquelle une policière municipale a été tuée jeudi matin en banlieue parisienne -- une attaque sans lien "à ce stade" avec l'attentat contre "Charlie", a tenu à préciser le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Les frères Kouachi, nés à Paris de parents algériens, sont des jihadistes dont le nom est inscrit "depuis des années" sur la liste noire américaine du terrorisme, selon une source américaine.

Chérif est bien connu des services antiterroristes français: surnommé Abou Issen, il a fait partie de la "filière des Buttes-Chaumont" qui visait à envoyer des jihadistes en Irak, où lui-même entendait se rendre en 2005 avant d'être interpellé. Il a été condamné pour ces faits en 2008 à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. L'enquête a brossé à cette époque le portrait d'un jeune animé, selon des témoignages, de la "rage contre les mécréants" et qui évoquait déjà sa volonté d'agir en France.

Son aîné, Saïd, "formellement reconnu" par les autorités comme un "agresseur" de l'attentat de mercredi matin à Charlie Hebdo, semblait plus discret. Mais selon un responsable américain, il s'est rendu au Yémen en 2011 pour s'entraîner au maniement des armes -- une formation dispensée par un membre d'Al-Qaïda au Yémen.

- 'Attentats de grande ampleur' -

Au total, neuf personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur l'attentat.

La tuerie dans les locaux de l'hebdomadaire satirique, régulièrement menacé depuis 2006 et la publication de caricatures de Mahomet, n'a pas été revendiquée. Mais ses auteurs, qui ont crié "Allah akbar" et "on a vengé le prophète" lors de l'attaque, ont été salués commes des "héros" par le groupe jihadiste Etat islamique actif en Syrie et en Irak.

Les groupes jihadistes sont considérés comme une vraie menace par les autorités occidentales. "Un groupe de terroristes d'Al-Qaïda en Syrie projette des attentats de grande ampleur contre l'Occident", a prévenu jeudi le chef du service de renseignement intérieur britannique (MI5) Andrew Parker.

Une très forte émotion a saisi la France après l'attaque dans laquelle ont notamment été tués certains des caricaturistes français les plus connus, comme Wolinski ou Cabu, père du "Beauf" et du "grand Duduche".

Mais aussi Charb, Tignous et Honoré, des historiques de "Charlie" connus pour leurs dessins irrévérencieux, le chroniqueur économique Bernard Maris, deux policiers, une chroniqueuse, un correcteur, un invité de la rédaction et un agent de maintenance.

Au lendemain de la journée de deuil national, marquée par un slogan -- "Je suis Charlie" -- et une minute de silence qui a figé le pays jeudi midi, "les imams de toutes les mosquées de France" ont été invités par les grandes fédérations musulmanes à condamner "avec la plus grande fermeté la violence et le terrorisme" lors de la grande prière du vendredi.

Dimanche, ce sera le tour de "marches républicaines" à l'appel des principaux "partis républicains" de tous bords, de syndicats, d'associations et des grandes fédérations musulmanes. Mais "l'unité nationale" annoncée s'est fissurée, Marine Le Pen dénonçant "l'exclusion" du Front national, contre laquelle s'est également élevée l'UMP.

L'hommage a dépassé les frontières. A Washington, le président américain Barack Obama s'est ainsi rendu jeudi soir à l'ambassade de France pour écrire "Vive la France!" dans le livre de condoléances.

Les survivants de la rédaction de "Charlie" ont décidé de sortir mercredi un nouveau numéro tiré à un million d'exemplaires. "Ce n'est pas la connerie qui va gagner", a lancé l'urgentiste Patrick Pelloux, chroniqueur de l'hebdomadaire.

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