Fille ou garçon, comment lisons-nous la Presse ?

A la rédaction (évidemment mixte) de Destination Santé, c’est l’émoi ! Selon les auteurs d’une étude canadienne en effet, les femmes seraient plus facilement déstabilisées que les hommes… par la diffusion de mauvaises nouvelles dans la presse. Comment, après plus de deux siècles de combat féministe mené par des caractères comme Olympe de Gouge et Simone de Beauvoir, a-t-on pu en arriver à une vue si… schématisante ? Une vue propagée de surcroît, par des auteurs du beau sexe. Procédons par ordre, et considérons les résultats de ce travail original, publié aujourd’hui par la revue de référence Plos One.

A la question : La lecture de nos journaux du matin influence-t-elle notre santé ?, les chercheurs du Centre d’Etudes sur le Stress humain (CESH) de l’Université de Montréal, répondent par l’affirmative. Lorsqu’il s’agit de lectrices, en tout cas.

Comme l’explique Sonia Lupien, directrice du CESH, son équipe est partie du principe selon lequel « lorsque notre cerveau perçoit une situation menaçante, notre corps se met à produire des hormones de stress ». Jusque là, rien de bien surprenant… Question suivante : « la lecture d’une mauvaise nouvelle (comme un attentat ou un crime) peut-elle amplifier une réaction de stress » ?

Plus émotives, et plus irritables

Pour le savoir, les chercheurs ont recruté 60 participants des deux sexes répartis en 2 groupes mixtes. Ils ont été invités à lire des quotidiens (montréalais) d’information générale. Entre guerres, crises diverses et catastrophes naturelles, la moitié des infos y étaient déprimantes. L’autre moitié, plus neutre, proposait des sorties ou les programmes de spectacles.

Une fois leur lecture terminée, les volontaires ont été évalués sur leur réaction à une situation stressante comme une dispute, par exemple. Le lendemain enfin, tous ont du résumer de mémoire, le contenu des informations dont ils avaient eu connaissance la veille.

Selon les auteurs, à la différence des hommes qui ont en général éprouvé quelque difficultés à se souvenir des informations de la veille, les femmes ont parfaitement restitué le contenu de leurs lectures… En revanche, leur réaction au stress a été plus vive que celle des hommes. « Celles qui avaient lu de mauvaises nouvelles, se sont montrées plus émotives, plus irritables. Elles ont éprouvé davantage de difficulté à gérer une situation stressante en cours de journée » poursuit Marie-France Marin, auteur principale de l’étude et doctorante au CESH.

Que vaut-il mieux pour être heureux : une intelligence synthétique contrebalancée par une plus grande émotivité, ou une mémoire certes moins performante mais… plus favorable à une forme d’indifférence émotionnelle ?

 

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