Etat des lieux de la consommation de psychotropes en France

Des médicaments qui agissent sur le système nerveux. Les psychotropes sont extrêmement populaires en France et la Mission interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT), considérant les risques de dépendance qui leur sont liés, a sollicité l’INSERM. Elle a demandé à ce dernier de réaliser une « expertise collective sur les consommations de médicaments psychotropes » pour apporter des réponses précises à des comportements de consommation parfois problématiques. Objectif essentiel : obtenir un éclairage scientifique sur ces « phénomènes, assorti de recommandations utiles à l’amélioration des dispositifs réglementaires, de prévention et de soin existant en France ».

L’INSERM a ainsi réuni un groupe de 11 experts dans des champs extrêmement divers : épidémiologie, pharmacovigilance, santé publique, sociologie, anthropologie, toxicologie, psychiatrie, neurobiologie. Ces derniers ont analysé plus de 1 100 publications scientifiques internationales.

Les principaux médicaments psychotropes sont les tranquillisants (ou anxiolytiques), les somnifères (ou hypnotiques), les neuroleptiques (et notamment les antipsychotiques), les antidépresseurs et les thymorégulateurs. En France en 2010, environ 18% des 18-72 ans déclaraient avoir consommé au moins un médicament psychotrope au cours de l’année écoulée... Majoritairement des femmes. Un chiffre qui monte à 30% chez les usagers de drogues.

Selon l’enquête ESEMED (pour European Study of Epidemiology of Mental disorders), la prévalence de la consommation de psychotropes en France, est supérieure à celle des 5 autres pays participant à l’étude : Allemagne, Belgique, Espagne, Italie et Pays-Bas.

« Il est important de rappeler que tous les médicaments psychotropes n’entraînent pas forcément une dépendance » explique l’INSERM. « Par ailleurs en France, aucune donnée n’existe concernant la prévalence de la dépendance en population générale ».

Quelles recommandations ?

Le groupe d’experts émet donc toute une série de recommandations, tant sur le plan de la sensibilisation que de la recherche. Ainsi suggèrent-ils de « lancer des campagnes nationales d’information, des actions en milieu scolaire et auprès des patients dès la première prescription. Notamment sur les modalités d’arrêt du traitement ».

Côté recherche, une évaluation de « la prévalence de la dépendance aux médicaments psychotropes, de l’impact sanitaire et social du mésusage (de ces médicaments) chez les usagers de drogues et les conséquences neuro-développementales à long terme » est fortement recommandée.

Aller plus loin Consultez l’intégralité de l’expertise collective de l’INSERM : Médicaments psychotropes : consommations et pharmacodépendances.

 

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