Espérance de vie ne rime pas toujours avec qualité de vie

Les Français gagnent en moyenne quatre mois d’espérance de vie chaque année. Qu’en est-il de leur qualité de vie ? Vivent-ils réellement mieux, ou seulement plus longtemps ? Depuis 2005, l’espérance de vie sans incapacité (EVSI) fait l’objet d’une mesure systématique dans tous les pays européens. Les résultats de cette très large enquête coordonnée par l’INSERM, viennent d’être rendus publics. Ils ont fait couler beaucoup d’encre mais… ils doivent cependant être nuancés !

L’EVSI permet de mesurer le nombre d’années vécues sans incapacité, c’est- à-dire « sans invalidité ni gêne au quotidien, causée par une maladie chronique » explique le Dr Jean-Marie Robine. Le paramètre est calculé séparément pour les hommes et les femmes, dont l’espérance de vie est différente. Dans le cas d’espèce et en se basant sur un questionnaire de santé, les auteurs ont utilisé une méthodologie reposant sur la prise en compte du GALI, le Global Activity Limitation Indicator.

Plus de 19 800 volontaires, de 16 ans et plus, se sont vus demander de répondre aux questions des auteurs. Le seul critère pris en compte par ce questionnaire a été leur perception d’une incapacité à effectuer les tâches du quotidien. Une manière, il est vrai subjective, de recueillir des résultats. Le Dr Jean-Marie Robine en convient. Il reconnaît ainsi qu’il existe « une part de subjectivité et une exagération possible dans les résultats ».

Il justifie néanmoins ce choix, expliquant « l’impossibilité de réaliser ces tests en laboratoire ». « Le nombre de personnes qui accepteraient (de s’y prêter) serait si peu conséquent que nos résultats en seraient également faussés, d’une autre manière ».

La France en dixième position

Selon les conclusions de cette enquête, les Suédois avec 71,7 ans, et les Maltaises auraient la meilleure espérance de vie sans incapacité (EVSI) d’Europe, avec 71,7 ans et 71,6 ans respectivement. La France, bien qu’elle soit classée première en termes d’espérance de vie féminine (85,3 ans), ne pointe qu’à la dixième place du classement avec une EVSI mesurée à 61,9 ans pour les hommes et 63,5 ans pour les femmes.

Ainsi les Françaises on-elles un écart de 21 ans entre leur espérance de vie « brute » et leur EVSI. Un écart qui se trouve réduit à 16 ans pour les hommes.

L’amélioration de l’EVSI est au cœur de la première réunion annuelle de l’Action conjointe européenne sur les espérances de vie en bonne santé. L’objectif à terme étant d’augmenter de « deux années le nombre des années vécues sans incapacité dans l’Union Européenne d’ici à 2020 » Une manière pour l’Europe de s’insérer dans la dynamique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui appelle a « ajouter de la vie aux années, et non pas seulement des années à la vie ».

 

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