Echographies « artistiques », les risques pointés du doigt

Saisie par le gouvernement en janvier 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre un rapport peu favorable aux échographies fœtales à but « artistique ».Elle plaide notamment pour « le renforcement de la règlementation des échographes », et alerte les futurs parents sur les risques inhérents à cette pratique lorsqu’elle n’a pas de justification médicale. Explications.

Nous vous en parlions il y a quelques mois : la multiplication des échographies fœtales « à seule fin de produire des images souvenirs » inquiète les professionnels de santé… Dans le rapport qu’elle vient de rendre public, la HAS rappelle ce qu’est la définition d’une échographie « médicale ». Elle précise notamment que celle-ci « doit être réalisée dans un but diagnostique, de dépistage ou de suivi (et qu’elle doit) être exclusivement pratiquée par un médecin ou une sage-femme ».

Attention aux images

Pour sa part, l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) a également été saisie. Le gouvernement lui demandait en l’occurrence, de faire le point sur l’impact sanitaire éventuel de ces pratiques. Or l’ANSM elle aussi, appelle à la mesure. Elle insiste notamment sur la nécessité de limiter la durée d’exposition des fœtus aux ultra-sons, en raison de « l’absence de données confirmant ou infirmant un risque pour sa santé ». Or les échographies artistiques vont clairement à l’encontre de ce principe : la sonde en effet, reste parfois « braquée » sur l’enfant pendant plusieurs minutes.

Le rapport de la HAS va encore plus loin, mettant en évidence des risques pour… les parents ! « La suspicion ou la découverte d’une anomalie du fœtus par de futurs parents », sans soutien ni explication d’un professionnel de santé, présenteraient en effets des « effets délétères, prévient la Haute Autorité.

Elle regrette également l’absence de réglementation concernant les appareils échographiques d’occasion. Or ces derniers peuvent faire l’objet d’une revente, avec ensuite le risque d’une utilisation commerciale. De ce fait, la HAS rappelle que « l’usage non-médical (d’un appareil échographique) constituerait un détournement » de sa fonction. Elle recommande par conséquent « un meilleur encadrement juridique de l’acquisition et de la revente de ces dispositifs médicaux ».

Pour en savoir plus : consultez le rapport intitulé Echographies fœtales à visée médicale et non médicale : définitions et compatibilité.

 

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