Diabète : et si on s’intéressait au malade ?

Dans la prise en charge du diabète, il est indispensable d’aboutir à « une prise en charge centrée sur le malade, et non plus sur la maladie », affirme le Pr Jacques Bringer (CHU de Montpellier). La 1ère Journée de prévention du risque cardiométabolique a été organisée ce jeudi à l’Académie nationale de médecine, pour dégager des réponses neuves à ce problème de santé publique. Des spécialistes de renom, mais aussi des associations de patients unissent aujourd’hui leurs voix pour demander que la prise en charge du diabète de type 2 évolue enfin, en France. Leur demande ? La mise en place de traitements plus personnalisés. Voilà qui peut sembler logique. Mais dans les faits, ce serait un profond bouleversement.

Pour le Dr Jacques Bringer, « l’enjeu est d’en finir avec cet empilement de traitements, que nous rencontrons chez les diabétiques ». Et pour cause. Bien souvent, le diabétique n’est pas que diabétique. Il présente ce que les médecins appellent des comorbidités. Autrement dit, des pathologies associées à son diabète comme l’obésité, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie...

Des patients en danger ?

« Dans ces conditions » poursuit le Pr Bringer, « si l’on se fie aux recommandations actuelles, la prise en charge de ces patients consiste en une association de traitements visant à atteindre les valeurs cibles dans chaque pathologie. Ce qui au final, peut se retourner contre le malade ». A ses yeux, « le fait de suivre à la lettre les recommandations propres à chacune des maladies chroniques rencontrées chez un patient, peut même s’avérer dangereux ». Il fait notamment allusion, ici, au risque d’interactions médicamenteuses.

A l’appui de sa démarche, Jacques Bringer cite une enquête qu’il a menée auprès de 103 médecins généralistes. Certes le panel n’est pas représentatif de la population médicale française mais il n’empêche que « si l’on se fie aux résultats de ce travail, les recommandations actuelles semblent mal adaptées à la pratique clinique ». Et pour cause, seulement 37% des médecins interrogés les appliqueraient de façon systématique.

2,5 millions de diabétiques de type 2

Le président de la Société francophone du Diabète, le Pr Michel Marre (Hôpital Bichat – Paris), souligne pour sa part qu’ « un individu de tel ou tel âge doit être pris en compte en fonction de ses comorbidités et de son approche de la maladie. Ensuite, et après avoir échangé avec lui, il est possible de définir le soin le plus adapté, celui auquel il adhérera le mieux. Il faut donc, individualiser le traitement ».

Cette nouvelle approche, centrée sur la personnalisation, revient « à définir des priorités en fonction de la sévérité des différentes comorbidités », enchaîne le Pr Bringer. En résumé, « il convient de hiérarchiser, et de cesser d’empiler les traitements ! » En France, environ 2,5 millions patients, diabétiques de type II sont potentiellement concernés. Il y a donc du pain sur la planche…

 

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