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Deux-Sèvres Inéluctable liquidation d'Heuliez, pour repartir espèrent certains

0 30.09.2013 08:15
Deux-Sèvres.  Inéluctable liquidation d'Heuliez, pour repartir espèrent certains

Deux-Sèvres. Inéluctable liquidation d'Heuliez, pour repartir espèrent certains

Photo archives Le Courrier de l'Ouest

Le tribunal de commerce de Niort devrait prononcer ce lundi la liquidation de l'équipementier Heuliez. L'emboutisseur de Cerizay, qui incarne un pan de l'histoire industrielle de la région avec près d'un siècle d'existence, devrait cesser d'exister en tant que Heuliez SAS.

[mise à jour] Heuliez : le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire

La décision interviendra six mois après son placement en redressement judiciaire. Elle arrive aussi après des années de difficultés, le premier dépôt de bilan de l'équipementier, qui comptait encore quelque 3.000 employés au milieu des années 2000, datant de 2007.

Le député socialiste des Deux-Sèvres, Jean Grellier, impliqué dans sa sauvegarde depuis longtemps - il en a même tiré un livre - n'en reste pas moins optimiste. Le tribunal de commerce, indique-t-il, devrait en effet prononcer une poursuite d'activité d'un mois, qui permettra à une société d'économie mixte (SEM), mise en place par la région Poitou-Charentes, de s'organiser pour reprendre l'outil industriel et préserver le site.

Les commandes encore en cours - notamment pour la Mia Electric - seront honorées. Cette SEM, voulue par la présidente de région Ségolène Royal et dotée d'un capital de 650.000 euros, a pour but d'éviter à Heuliez de passer à côté d'une opportunité qui pourrait se présenter d'ici quelques mois outre-Rhin, alors que le constructeur allemand Volkswagen l'avait pré-sélectionnée pour une importante commande de pièces détachées.

Si ce contrat se concrétise, a expliqué Mme Royal, l'outil industriel aura été sauvé et on aura évité son démantèlement, par des prédateurs "qui vendent cher les machines et empochent parfois jusqu'à 30% du montant des ventes". "Cette usine a des machines d'une grande valeur", souligne-t-elle.

Pour ce faire, la société d'économie mixte pourrait impliquer aussi un possible futur repreneur ferme dans quelques mois, qui n'osait prendre le risque en l'absence de contrats suffisants: le groupe espagnol Cosmos XXI. "L'espoir se maintient notamment si Cosmos est capable d'aller chercher le marché de Volkswagen qu'Heuliez avait initié", explique le député.

260 licenciements

Le berceau industriel et le savoir-faire existent toujours, dit-il. La fin d'Heuliez SAS semblait si inéluctable depuis quelques semaines que les quelque 280 salariés ont déjà négocié un plan social. En effet, dans l'attente des contrats salvateurs décrochés par la SEM la plupart, entre 200 et 260 à peu près, seront licenciés.

Le plan de sauvegarde de l'emploi signé jeudi par l'actuel propriétaire Baelen Gaillard Industrie (BGI), l'administrateur, le liquidateur et les représentants des salariés prévoit une prime supra légale de 10.000 euros par salarié et des aides au reclassement d'un montant de près de 500.000 euros.

"L'avenir d'Heuliez ne passe pas aujourd'hui par l'injection de nouveaux fonds de l'Etat, qui a déjà largement soutenu l'entreprise. Il passe par le décrochage de marchés", avait déclaré le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg la semaine dernière, semblant douter de l'intérêt de l'engagement de la région. Il s'était ensuite ravisé en assurant que son ministère était "tout à fait engagé" dans l'opération visant à allier Heuliez au groupe Cosmos XXI.

Heuliez avait bénéficié en 2009 d'une aide de cinq millions d'euros pour son activité voiture électrique, qui se poursuit aujourd'hui dans une autre société, Mia Electric. Mais pour le député Jean Grellier, le soutien à ce genre d'entreprises n'est pas de l'argent perdu.

"Vous oubliez la taxe professionnelle et les emplois maintenus", dit-il en évoquant aussi la sauvegarde depuis trois ans de 400 emplois qui auraient coûté bien plus cher en fonds publics s'il s'était agi de chômeurs. La SEM devra continuer dans l'activité de sous-traitance automobile mais doit aussi tenter de développer son activité pour l'industrie aéronautique, a pour sa part déclaré Mme Royal, qui rencontrera lundi les salariés.

 

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