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Deux-Sèvres Après le drame familial, questions au docteur Gérard Lopez

0 07.02.2013 08:29
Le docteur Gérard Lopez est psychiatre et expert auprès des tribunaux.

Le docteur Gérard Lopez est psychiatre et expert auprès des tribunaux.

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Le docteur Gérard Lopez est psychiatre et expert auprès des tribunaux. Auteur de plusieurs livres, il vient de publier « Enfants violés et violentés, le scandale ignoré », chez Dunod. Le Courrier de l'Ouest l'a interrogé après le drame familial qui s'est déroulé près de Niort dans la nuit de dimanche à lundi.

1 Comment une maman peut-elle en arriver à tuer ses enfants ?

« Ce type de drame n’est pas exceptionnel, il s’inscrit en général dans ce que l’on appelle un suicide altruiste - l’expression peut choquer. C’est une personne qui est tellement déprimée, dont l’ avenir semble tellement bouché, dont la vie lui paraît tellement difficile à supporter que pour rendre service à ses enfants elle les tue avant de se suicider elle-même. Cela survient en général chez des personnes qui ont des troubles bipolaires, dans un moment d’état dépressif majeur et de délire. Autrefois, on appelait cela la mélancolie. »

2 Peut-on considérer que la maman est elle-même une victime ?

« Non, elle n’est pas victime, mais elle s’est trouvée confrontée à une série de circonstances qui ont accentué son état dépressif. Son mari s’était suicidé peu de temps auparavant : il est possible que sa propre dépression ait été réactionnelle. Elle n’avait que 22 ans : en soi, ce n’est pas une cause de fragilité, mais peut-être d’immaturité en revanche. Et les difficultés économiques et sociales peuvent également accroître le sentiment qu’on ne pourra pas s’en sortir. On ne peut pas la considérer comme victime, mais si par hasard, le parent rate son suicide, dans ce cas, il n’est pas jugé, il est déclaré irresponsable. »

3 Y a-t-il des signes annonciateurs qui auraient pu alerter ?

« Quand une personne parle de suicide oralement ou par écrit, il faut prendre cela très au sérieux, surtout si elle souffre d’un trouble dépressif, si elle présente des antécédents de passage à l’acte suicidaire, et si, au surplus, elle rencontre de gros problèmes sociaux. Tout cela est constitutif d’une crise suicidaire. À ce moment précis, il y a danger et la prise en charge doit être immédiate. Beaucoup de patients, avant de se suicider, vont d’ailleurs voir un médecin. Si le diagnostic est établi, celui-ci va prescrire un traitement, voire une hospitalisation, parfois sans le consentement du patient. Une fois que la crise est passée, la personne recollera à la réalité et on aura éventuellement évité un drame… On est aujourd’hui capable de repérer plus tôt un état dépressif majeur. Cela explique du reste que de tels drames familiaux soient moins fréquents qu’autrefois. »

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