Des tomates contre l’AVC… sous conditions

Manger des tomates, c’est bon pour réduire le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) peut-on lire, ici et là. Oui, mais… Une équipe finlandaise vient effectivement de mettre en évidence les bienfaits du lycopène - un antioxydant de la famille des caroténoïdes- abondant dans les tomates rouges. C’est lui ailleurs, qui leur donne cette belle couleur rouge vif. Pourtant, un certain recul s’impose dans la prise en compte de ce résultat.

Les chercheurs ont recruté 1 031 de leurs compatriotes (uniquement des hommes) âgés de 46 à 65 ans. Leur taux de lycopène dans le sang a été mesuré au début de l’étude, puis plusieurs fois au cours des 12 années suivantes. Au cours de cette période, 67 AVC ont été observés. La bonne nouvelle – pour les amateurs de tomates – c’est que le risque d’AVC a été 2 fois moins élevé chez les participants dont le taux sanguin de lycopène était le plus élevé.

Pour Jouni Karppi (Université de Kuopio, Est de la Finlande) « ce résultat conforte l’idée selon laquelle la consommation de fruits et légumes joue un rôle majeur dans la prévention de l’AVC ». Avis partagé par le Dr Catherine Caris-Veyrat (INRA, Avignon), qui émet cependant quelques réserves.

« Pas de preuves formelles ! »

Chimiste à l’Unité INRA « Sécurité et Qualité des Produits d’Origine Végétale », elle nous explique que « le lycopène est la molécule qui donne sa couleur rouge à la tomate. Son efficacité en tant qu’antioxydant, est avérée in vitro. In vivo, c’est une autre affaire. S’il paraît y avoir une corrélation entre le lycopène et la prévention de l’AVC, le lien de cause à effet n’est pas clairement établi ».

Elle rappelle d’ailleurs, qu’au sein de l’Institut national de la Recherche agronomique une étude de 5 ans a été menée sur les vertus de cette molécule. « Le projet Européen Lycocard, pour ‘Lycopène et prévention des maladies cardiovasculaires’, n’a malheureusement rien donné de probant. Une chose est certaine en revanche. Manger des tomates ne peut absolument pas faire de mal ».

Si malgré tout vous êtes convaincu par les vertus du lycopène, notre spécialiste vous confie quelques secrets pour en profiter au mieux :

Les tomates vertes et jaunes ne renferment pas de lycopène. En revanche, la Noire de Crimée vous en apportera. « Cette tomate contient du lycopène » nous explique Catherine Caris-Veyrat, mais aussi de la chlorophylle. C’est le mélange du rouge et du vert qui lui confère sa teinte si particulière » ;

Vous trouverez davantage de lycopène dans la peau que dans la chair de vos tomates. Par conséquent, évitez de les peler… ;

La cuisson de la tomate enfin, améliore la bio-disponibilité de la molécule. En clair, le lycopène des tomates cuites est plus facilement absorbé par l’organisme.

Par conséquent, mieux vaut manger le fruit cuit et avec la peau… à condition que vous le digériez sans difficulté. Catherine Caris-Veyrat nous dispense un dernier conseil, « n’oubliez pas de marier la tomate avec un peu de matière grasse. Le lycopène en effet, est lipophile. Il a des affinités pour les graisses, et la digestion n’en sera que facilitée ».

 

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