Contraception : le recul de la pilule

Pour la première fois depuis 1967, date à laquelle fut autorisée la première pilule contraceptive, la proportion des femmes qui y recourent a diminué depuis le début des années 2000. La nouvelle est jugée d’autant plus préoccupante que les autres méthodes ne compensent pas tout à fait ce recul. L’enquête Fecond réalisée en 2010 par l’INSERM et l’Institut national d’Etudes démographiques (Ined), souligne que pour certaines femmes, il pourrait trouver son origine dans un problème financier.

Le nombre de femmes prenant la pilule a diminué de 4,6% au cours des 10 dernières années. Celle-ci demeure toutefois la méthode de contraception la plus utilisée en France, puisqu’en 2010, une femme sur deux y a recouru. Par ailleurs, cette légère baisse est en partie « compensée par l’adoption de nouvelles méthodes hormonales », indiquent les auteurs.

Parmi ces contraceptifs, « l’implant est le plus employé (2,6%), devant l’anneau vaginal (1%) et le patch (0,4%). Les femmes qui n’utilisent aucune contraception alors qu’elles ne souhaitent pas être enceintes, ne sont aujourd’hui comme hier qu’une petite minorité : environ 3% » de la population féminine en âge de procréer.

Une question de moyens

Ces 3% de femmes qui ne bénéficient d’aucune couverture contraceptive posent un réel problème. En effet, les grossesses non-désirées conduisent à un nombre encore très important d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) qui auraient du être évitées. En France, 200 000 IVG sont ainsi pratiquées chaque année, et près de 40% des femmes y auraient recours au moins une fois dans leur vie.

« A quoi tient la baisse récente du recours à la pilule, notamment pour les 20-24 ans ? », s’interrogent donc les auteurs. Le recours à la pilule peut représenter un budget important lorsque les femmes se voient prescrire des marques non remboursées, ce qui est le cas de 42% d’entre elles », suggèrent-ils. Il ressort d’ailleurs de l’enquête que « les jeunes femmes qui connaissent une situation financière délicate et ne vivent plus chez leurs parents, utilisent moins souvent la pilule que les autres ».

S’il un grand nombre de pilules sont remboursées, le prix des autres – génériques compris- varie entre 7 et 36 euros pour 3 mois environ. Le centre de planification Flora Tristan du service de gynécologie du CHU d’Angers « rencontre régulièrement des femmes qui pour diverses raisons financières, ont dû arrêter leur contraception non-remboursée et se retrouvent enceintes ». Mais avec un prix de 7 à 36 euros pour 3 mois (soit de 2,30 à 12 euros par mois), on peut raisonnablement se demander s’il ne s’agit pas davantage d’une carence en information que d’un problème financier.

La solution des pilules remboursées

Pour favoriser le suivi d’une contraception régulière, les responsables du centre de planification Flora Tristan émettent des recommandations simples : « Si vous avez une pilule non-remboursée, n’hésitez pas à en parler avec votre professionnel de santé. Il pourra peut-être en changer ».

Toutes les femmes devraient bénéficier d’un suivi gynécologique régulier. Auprès d’un médecin généraliste, d’un gynécologue ou dans un centre de planification et d’Education familiale, elles peuvent obtenir des informations sur la contraception. Le praticien peut aussi leur délivrer une ordonnance pour la méthode la mieux adaptée à chacune. Pour en savoir plus, consultez le site www.filsantejeunes.com/.

Aller plus loin : consultez l’intégralité de l’enquête Fecond.

 

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