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Charlie Hebdo Les frères Kouachi retranchés : le point à 13 heures

0 09.01.2015 10:14

Une prise d'otages est en cours dans une épicerie casher, par un homme armé porte de Vincennes à Paris, annonce l'Agence France Presse.

Par ailleurs, les frères Kouachi, auteurs présumés de l'attentat sanglant contre Charlie Hebdo qui a bouleversé la France, sont retranchés vendredi, lourdement armés et avec un otage, dans les locaux d'une petite entreprise au nord-est de Paris.

A 13 heures c'était toujours l'attente à Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne.  

Enfin, le principal suspect dans l'attaque de Montrouge, qui a coûté la vie à une policière municipale jeudi matin, est un proche des frères Kouachi, connu des services de lutte antiterroriste.  

 

  

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé qu'une " opération" était en cours impliquant le GIGN, pour "neutraliserles auteurs" de l'attentat contre l'hebdomadaire satirique, le plus meurtrier en France depuis un demi-siècle avec 12 morts au total.

Un autre drame semblait sur le point de se dénouer: l'auteur d'une autre fusillade mortelle, dans laquelle une jeune policière municipale a été tuée et un employé blessé jeudi matin à Montrouge en banlieue parisienne, a été identifié. Cette seconde attaque avait encore rajouté à la tension dans le pays même si, selon les autorités, aucun lien n'est établi avec l'attentat contre "Charlie".

Le président François Hollande s'est rendu place Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur tout proche de l'Elysée, pour superviser les opérations contre les frères Kouachi. Il a appelé "tous les citoyens" à manifester dimanche, lors des marches prévues pour dénoncer l'attentat, et à refuser toute "surenchère" ou "stigmatisation".

Dammartin-en-Goële présentait l'aspect d'une ville morte, totalement bouclée par d'importantes forces de l'ordre, écoles et commerces fermés, avec trois hélicoptères survolant le site d'intervention, dans la zone industrielle de cette ville de Seine-et-Marne.

"Nous avons des snipers sur le toit du dépôt", a expliqué Marcel Bayeul, responsable CGT dans une entreprise toute proche.

Plus tôt dans la matinée, un échange nourri de coups de feu a opposé les fugitifs à des policiers qui avaient repéré, à un barrage, une Peugeot 206 volée à une femme à quelques kilomètres au nord, à Montagny-Sainte-Félicité (Oise). Cette femme dit avoir reconnu les frères Kouachi, lourdement armés, selon des sources policières.

Dammartin-en-Goële se trouve à environ une demi-heure de route du périmètre où se concentraient, depuis jeudi, les recherches des forces d'élite, à quelque 80 km au nord-est de Paris, à cheval entre l'Aisne et l'Oise. C'est dans cette zone que les deux fugitifs, Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans, avaient été reconnus jeudi matin par le gérant d'une station-essence qu'ils avaient agressé.

Visages découverts, ils étaient armés de kalachnikov et avaient un lance-roquette dans leur voiture, selon la vidéosurveillance.

Les frères Kouachi, nés à Paris de parents algériens, sont des jihadistes dont le nom est inscrit "depuis des années" sur la liste noire américaine du terrorisme, selon une source américaine.

Chérif est bien connu des services antiterroristes français: surnommé Abou Issen, il a fait partie de la "filière des Buttes-Chaumont" qui visait à envoyer des jihadistes en Irak, où lui-même entendait se rendre en 2005 avant d'être interpellé. Il a été condamné pour ces faits en 2008 à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis.

Son aîné, Saïd, semblait plus discret. Mais selon un responsable américain, il s'est rendu au Yémen en 2011 pour s'entraîner au maniement des armes - formation dispensée par un membre d'Al-Qaïda au Yémen.

- 'Attentats de grande ampleur' -

Au total, neuf personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur l'attentat.

La tuerie dans les locaux de l'hebdomadaire satirique, régulièrement menacé depuis 2006 et la publication de caricatures de Mahomet, n'a pas été revendiquée. Mais ses auteurs, qui ont crié "Allah akbar" et "on a vengé le prophète" lors de l'attaque, ont été salués comme des "héros" par le groupe jihadiste Etat islamique actif en Syrie et en Irak.

Vendredi matin, les insurgés islamistes somaliens shebab ont eux aussi rendu hommage à "deux héros".

Les groupes jihadistes sont considérés comme une vraie menace par les autorités occidentales. "Un groupe de terroristes d'Al-Qaïda en Syrie projette des attentats de grande ampleur contre l'Occident", a prévenu jeudi le chef du service de renseignement intérieur britannique (MI5), Andrew Parker.

Une très forte émotion a saisi la France après l'attaque dans laquelle ont notamment été tués certains des caricaturistes français les plus connus, Wolinski et Cabu, père du "Beauf" et du "grand Duduche".

Mais aussi Charb, Tignous et Honoré, des historiques de "Charlie" connus pour leurs dessins irrévérencieux, le chroniqueur économique Bernard Maris, deux policiers, une chroniqueuse, un correcteur, un invité de la rédaction et un agent de maintenance. Quatre personnes grièvement blessées ne sont plus en danger de mort, selon M. Cazeneuve.

Au lendemain de la journée de deuil national, marquée par un slogan - "Je suis Charlie" - et une minute de silence qui a figé le pays jeudi midi, "les imams de toutes les mosquées de France" ont été invités par les grandes fédérations musulmanes à condamner "avec la plus grande fermeté la violence et le terrorisme" lors de la grande prière du vendredi.

Dimanche, ce sera le tour de "marches républicaines" à l'appel des principaux "partis républicains" de tous bords, de syndicats, d'associations et des grandes fédérations musulmanes. Mais "l'unité nationale" annoncée s'est fissurée, Marine Le Pen dénonçant "l'exclusion" du Front national, contre laquelle s'est également élevée l'UMP.

L'émotion a dépassé les frontières. A Washington, le président américain Barack Obama s'est ainsi rendu jeudi soir à l'ambassade de France pour écrire "Vive la France!" dans le livre de condoléances.

Les survivants de la rédaction de "Charlie" ont décidé de sortir mercredi un nouveau numéro tiré à un million d'exemplaires. "Ce n'est pas la connerie qui va gagner", a lancé l'urgentiste Patrick Pelloux, chroniqueur de l'hebdomadaire.

 

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