Champs électromagnétiques : le wifi dans le viseur ?

Téléphones portables, antennes-relais, technologies WIFI… Le débat de santé publique autour des champs électromagnétiques revient à la Une. Une proposition de loi relative à l’application du principe de précaution face aux risques attribués aux ondes électromagnétiques, devrait être discutée à partir du 31 janvier à l’Assemblée nationale. Elle prévoit notamment l’interdiction du WIFI dans toutes les structures accueillant de jeunes enfants. Qu’en sera-t-il des domiciles familiaux, où cette technologie est omniprésente… ?

Le texte en question sera présenté par Laurence Abeille, député d’Europe écologie – les Verts pour le Val-de-Marne. Les signataires proposent notamment un ensemble de mesures visant à limiter l’exposition aux ondes électromagnétiques. Parmi ces dernières, l’abaissement des valeurs limites d’exposition, mais aussi l’interdiction du WIFI - pour Wireless FIdelity - dans les structures d’accueil de la petite enfance. Et encore, l’obligation d’un permis de construire préalablement à l’implantation de toute antenne-relais sur le territoire d’une commune.

Un texte fondé sur le seul principe de précaution

A quelques semaines de la présentation du texte à l’Assemblée, l’Académie nationale de médecine prend les devants, afin que les « arguments scientifiques ne soient pas encore une fois occultés ou déformés »… Ses représentants « regrettent une initiative fondée sur un flou scientifique et réglementaire. Ne pouvant se prévaloir en dernier recours que du seul principe de précaution, (cette initiative) est de nature à renforcer artificiellement chez nos concitoyens un sentiment de peur et de défiance injustifié ».

Pour étayer son propos, l’Académie se réfère notamment au rapport publié par l’Agence française de Sécurité sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET) en octobre 2009. Plus de 1 000 études sur les radiofréquences y avaient été passées au crible. Ses conclusions étaient relativement rassurantes, mais nuancées. Les auteurs y recommandaient en effet de réduire l’exposition aux radiofréquences des téléphones portables. En particulier pour les enfants.

Concernant les antennes-relais, l’Académie insiste sur le fait qu’elles « entraînent une exposition aux champs électromagnétiques de 100 à 100 000 fois plus faible que (celle entraînée par) les téléphones portables : ainsi, une exposition de 24 heures à une antenne (émettant) 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes ». Elle rappelle également que le « classement en ‘possiblement cancérigène’ (2B) par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) concerne les portables ». Et pas les antennes.

Interdire le WIFI ? Une option « ridicule »

Quant à la possible interdiction du WIFI dans les lieux susceptibles d’accueillir de jeunes enfants, elle est jugée « consternante » par le Pr André Aurengo, chef du service de médecine nucléaire à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Pour ce spécialiste de la question, « rien ne permet à ce jour, de soupçonner la dangerosité du WIFI pour les enfants d’une école, lesquels sont en plus très largement exposés chez eux. C’est ridicule » ajoute-t-il, tout en précisant qu’il s’exprime « à titre personnel ».

Au-delà du fond, le Pr Aurengo critique également la forme. « Désormais pour rassurer le public, on prend des mesures de précaution sans aucune justification scientifique. Et en plus, on se sert de l’émotionnel et des enfants pour donner à ces demandes une résonnance plus forte. Tout ceci ne va pas dans le bon sens… ».

Aller plus loin

Téléchargez l’avis de l’AFSSET d’octobre 2009, concernant la mise à jour de l’expertise relative aux radiofréquences ;

Téléchargez le communiqué de presse du CIRC, du 31 mai 2011 et intitulé : Le CIRC classe les champs électromagnétiques de radiofréquences comme « peut-être cancérogènes pour l’homme ».

 

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