Cancers : le grand retour de l’immunothérapie

L’édition 2012 du congrès de l’American Society of Clinical Oncology à Chicago, aura été marquée par le retour de l’immunothérapie. Des données préliminaires de phase I semblent porteuses d’espoir pour le traitement de plusieurs tumeurs : le mélanome malin, et certains cancers du poumon et du rein. Explications.

Le principe de l’immunothérapie est assez simple à comprendre. Elle consiste à stimuler les défenses naturelles de l’organisme, pour aider celui-ci à lutter contre la maladie et à détruire la tumeur maligne. C'est un recours aux réactions immunitaires, dont le principe est bien connu. Notre système immunitaire en effet, possède des armes capables de détruire les cellules cancéreuses. C’est le cas de certains globules blancs, les lymphocytes T. Ces derniers sont connus pour aider l’organisme à lutter contre les infections. Or les tumeurs cancéreuses parviennent à s’en protéger. Comment cela ? Les lymphocytes T expriment à leur surface une protéine appelée PD-1. Lorsque cette dernière se lie à une autre protéine (PD-L1) qui est présente à la surface des cellules cancéreuses, les lymphocytes T deviennent totalement inopérants.

Le Pr Suzanne Topalian, de la Johns Hopkins University de Baltimore, a présenté devant les participants au congrès de l’ASCO, un essai clinique portant sur une nouvelle molécule capable d’inhiber l’activité de PD-1 et donc, de relancer l’action des lymphocytes T. Pour ce faire, 296 patients souffrant d’un cancer qui avait progressé malgré la mise en œuvre d’un protocole thérapeutique classique ont été recrutés. Cet essai clinique s’est intéressé à différents types de cancers : cancers du rein, de la prostate, du poumon, cancer colorectal et mélanome malin.

Des données importantes dans le cancer du poumon

Et les résultats paraissent très encourageants. Les taux de réponse ont été de 28% pour les patients atteints d’un mélanome, de 27% pour les cancers du rein et de 18% parmi les malades souffrant d’une tumeur pulmonaire. En revanche, aucune donnée positive n’a été observée pour les cancers de la prostate et les cancers colorectaux.

« Il est très stimulant d’observer le degré d’activité de cette molécule, et ceci dans plusieurs types de cancers », a indiqué le Pr Suzanne Topalian. Le Dr Benjamin Besse, oncologue à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, nous également confié être agréablement surpris par les résultats obtenus contre le cancer du poumon. « C’est à coup sûr l’un des faits marquants de cette édition 2012 ». Suzanne Topalian a d’ailleurs tenu à insister sur ce point. « Nous avons été particulièrement surpris d’observer un effet chez près de 20% des patients souffrant d'un cancer du poumon. Car ces derniers sont connus pour ne pas répondre aux traitements immunitaires. »

 

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