Cancer du sein : le dépistage organisé en question

Au moment même du lancement ce mercredi de l’opération « Octobre rose » par la ministre en charge de la Santé, le programme français de dépistage organisé du cancer du sein fait l’objet de nouveaux débats. Ses éventuels effets délétères et le manque d’information des patientes notamment, sont évoqués par UFC-Que choisir. Dans le même temps, la dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) fait le point sur ce programme dont la généralisation remonte à 2004.

En 2011, plus de 2,4 millions de femmes de 50 à 74 ans, se sont prêtées à une mammographie dans le cadre du programme de dépistage organisé du cancer du sein. La participation nationale atteignait ainsi 52,3%. « Si certains départements dépassent les 60%, l’objectif de 70% est encore loin » note toutefois Corinne Allioux, présidente de l’Association des coordinateurs du dépistage (Acorde) dans l’éditorial du BEH.

Certaines femmes, pourtant éligibles aux dépistage organisé, se tournent vers le dépistage individuel. Les spécialistes estiment qu’elles seraient 10%. Un problème d’information ? D’après une enquête menée en 2010 par l’Institut national du Cancer (INCa) auprès de 3 240 femmes et publiée par le BEH, « 55% des femmes ayant bénéficié d’un dépistage individuel pensaient à tort se situer dans le dépistage organisé ».

Le dépistage organisé, un choix libre et éclairé ?

L’efficacité et les éventuels inconvénients de ce dépistage sont régulièrement mis en question. C’est ainsi que l’UFC-Que choisir « interpelle les pouvoirs publics pour garantir le droit des femmes à choisir librement et de manière éclairée de se faire ou non dépister ». Selon le magazine, « la communication (du dépistage organisé n.d.l.r.) minore les risques alors même qu’il détecte trop souvent des tumeurs qui n’auraient jamais évolué et conduit dans certains cas à de lourds traitements inutiles ».

Pourtant, le surdiagnostic est estimé à « seulement » 10%. Et en comparaison, les bénéfices du dépistage semblent supérieurs. « Les essais randomisés montrent une baisse de 21% de la mortalité par cancer du sein suite à l’invitation au dépistage », soulignent,dans le BEH, Stephen W.Duffy du Wolfson Institute of Preventive Medicine de Londres, et Eugenio Paci de la Clinical and descriptive epidemiology Unit de Florence, en Italie. Leur conclusion est sans appel : « diagnostiquer la maladie à un stade précoce, assurer un traitement de qualité fondé sur des preuves, sont deux facteurs clés pour lutter contre le cancer du sein ».

Ce cancer rappelons-le, reste la première cause de mortalité par cancers chez la femme en France. C’est aussi le plus fréquent. En 2010, plus de 52 500 nouveaux cas de cancer du sein ont été dépistés. Chaque année, ils sont à l’origine de plus de 10 000 décès.

 

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