Cancer du col de l’utérus : mobiliser la France

Depuis hier dans toute l’Europe se tient jusqu’au 26 janvier 2013 la 7e Semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus. La European Cervical Cancer Association (ECCA) à l’initiative de l’événement, encourage les gouvernements à promouvoir la vaccination contre les papillomavirus humains, à l’origine des cancers du col de l’utérus.

En France, près de 3 000 de ces cancers sont diagnostiqués chaque année, et 1 000 décès sont enregistrés. En réalité, sur les 40 types de papillomavirus (HPV) actuellement connus, les HPV de types 16 et 18 représentent à eux seuls, 70% des virus oncogènes susceptibles de provoquer des cancers du col de l’utérus. La vaccination contre les virus HPV offre une opportunité majeure de se protéger contre ce cancer. Cette prévention par le vaccin ne doit cependant pas faire oublier l’importance du frottis cervico-vaginal. Celui-ci en effet, reste indispensable. Pratiqué à intervalles réguliers, il permet de détecter précocement les lésions précancéreuses, annonciatrices d’un possible cancer du col et encore accessibles au traitement.

Pour les jeunes Françaises, une perte de chance

Pourtant selon l’Institut de Veille sanitaire (InVS) « en 2012, les objectifs de couverture vaccinale fixés par la loi de santé publique (au moins 95% pour toutes les vaccinations, exceptée la grippe avec 75%), ne sont pas atteints pour la plupart des vaccinations », notamment pour la vaccination anti HPV.

Pour le Dr Pia de Rheilac, gynécologue libérale à Nantes, « c’est un très mauvais résultat, au niveau national. En France, nous éprouvons de vraies difficultés à faire accepter les vaccins. Pourtant concernant la vaccination anti-HPV, des millions de doses ont été administrées dans le monde – 100 millions - et aucun effet indésirable grave, lorsqu’il en a été évoqué, n’a finalement pu être imputé au vaccin. »

Quant à l’efficacité des vaccins, les données présentées lors de la 28e Conférence Internationale sur les Papillomavirus (IPV), à Porto Rico, ont montré que les jeunes femmes et les adolescentes vaccinées avec Gardasil® étaient effectivement protégées, huit ans après la vaccination. D’ailleurs conclut Pia de Reilhac, « Nous disposons de données provenant d’Australie qui a mis en place depuis 2007 une politique de vaccination à l’entrée au collège, et sur l’ensemble du territoire. Dans ce pays, les cas de lésions précancéreuses ont diminué de 30% à 40%. Nous en sommes très loin en France, il y a donc une vraie perte de chance pour les jeunes filles. »

 

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