Cancer de la prostate : un dépistage sans intérêt… pour la HAS

« L’intérêt du dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA n’est pas démontré, même chez les hommes avec des facteurs de risques », explique ce mercredi matin la Haute Autorité de Santé (HAS). Un avis qui devrait faire grand bruit…

A la demande de la Direction générale de la santé (DGS), la HAS a rédigé un rapport d’orientation sur les facteurs de risque de cancer de la prostate et sur la pertinence du dépistage par dosage du PSA (antigène spécifique prostatique). Et cela « auprès des populations d’hommes sans symptômes, considérées comme à haut risque de survenue de ce cancer ».

Résultat : comme elle l’avait conclu pour la population générale en 2010, la HAS considère « qu'il n'existe pas (non plus) de preuve de l’intérêt du dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA chez les hommes présentant des facteurs de risques ». Des antécédents familiaux notamment.

Pas de preuves suffisantes

La HAS ne dispose pas de preuves suffisantes pour justifier la mise en place d’un tel dépistage, y compris donc auprès de patients considérés comme « à risque ». « Les facteurs les plus régulièrement cités dans la littérature scientifique concernent des antécédents familiaux de ce cancer chez des parents du 1er degré (père, fils), une origine africaine, et des expositions à des agents environnementaux, notamment chimiques tels que certains pesticides », expliquent les auteurs du rapport. « Toutefois, ces éléments sont encore imparfaitement cernés ».

Quels bénéfices pour quels risques ?

« Une fréquence plus élevée de cancer de la prostate chez ces groupes d’hommes ne suffit pas à elle seule à justifier de l’intérêt d'un dépistage », ajoute également la HAS. « ll n’y a pas d’études démontrant l’efficacité du dépistage en termes de diminution de la mortalité dans une population considérée comme plus à risque ».

Ce débat n’est pas nouveau. En septembre 2010, François Meyer, directeur de l’Evaluation Médicale, Economique et de Santé Publique à la HAS expliquait déjà que « le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA peut entraîner la découverte de cancers à des stades précoces. Mais certains de ces cancers n’auront pas tous un potentiel d’évolution et ne donneront pas de troubles. Alors que les traitements auxquels on va soumettre le patient pourront eux, avoir des effets indésirables importants (troubles de l’érection, incontinence…). »

Miser sur la recherche et mieux informer les patients

Est-ce dire que le dosage par PSA est inutile ? « Dans un objectif de dépistage du cancer de la prostate chez un homme asymptomatique, aucun examen de dépistage performant n’est actuellement disponible » répond la HAS. Dans ce contexte d’incertitudes, elle souligne « l’intérêt des recherches sur les marqueurs permettant de distinguer les formes agressives de cancer de la prostate de celles dont la lente évolution n'aura pas d'impact sur la vie des patients. »

Elle insiste enfin « sur la nécessité de fournir une information complète aux hommes envisageant la réalisation d'un dépistage. Notamment sur ses conséquences éventuelles. Elle a notamment édité un questions/réponses très pratique et intitulé : Dépistage du cancer de la prostate chez les populations d’hommes présentant des facteurs de risque. Vous pouvez enfin télécharger le rapport d’orientation (79 pages) en cliquant ici.

Rappelons qu’en 2011, en France, 71 200 nouveaux cas de cancers de la prostate ont été recensés. Cette affection se situe actuellement au premier rang des cancers masculins, devant celui du poumon (27 500 cas) et les cancers colorectaux (21 500 cas). Elle représente la troisième cause de décès par tumeur chez l’homme en France (8 700 décès par an), derrière le cancer du poumon (21 000 décès par an) et le cancer colorectal (9 200 décès par an).

 

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