Associations de patients et labos : un financement qui fait débat

Le financement des associations de patients par les laboratoires pharmaceutiques fait polémique. Les montants versés au cours de l’année 2011 par des industriels, seront bientôt accessibles dans un rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS). En effet, la loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST) de 2009 fait obligation aux associations de déclarer les dons qu’elles ont perçus, ainsi que leur provenance. En révélant les montants les plus importants, un quotidien met en question l’indépendance des associations de malades vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique. Vrai ou faux débat ?

Il est de notoriété publique que les laboratoires versent chaque année des sommes souvent importantes à des associations de patients. Johnson & Johnson par exemple, a fait des dons à hauteur de 628 500 euros l’an passé. Moins importantes, les sommes versées par Abbott (329 430 euros) et GSK (299 155 euros) restent très significatives et traduisent l’attente du tissu associatif. Logiquement, les donateurs ont tendance à choisir des associations de patients concernés par une maladie dans laquelle ils ont une expertise reconnue ou une recherche en cours. Ainsi le laboratoire GSK donne-t-il largement à l’association « Asthme et Allergies ». Une politique logique selon ses dirigeants, qui soulignent qu’il est en pointe dans la lutte contre l’asthme.

Vraie ou fausse dépendance des associations

Le choix des destinataires de ces dons reflète-t-il uniquement un intérêt commercial ? On peut logiquement penser que les donateurs espèrent promouvoir la visibilité de la maladie concernée, et en retirer un bénéfice. Il n’en reste pas moins qu’ils se défendent d’avoir une quelconque influence sur les publications et les choix des actions menées par ces associations. Celles-ci d’ailleurs, se défendent tout aussi vigoureusement d’être sous influence. « Si l’industrie pharmaceutique nous soutient financièrement, elle n’est pas un acteur de santé. Elle n’est ni derrière le téléphone, ni présente sur les lieux de rencontre des patients qui recherchent du soutien auprès des associations », souligne le Collectif Interassociatif sur la Santé (CISS). Et « elle n’a accès à aucune donnée personnelle de santé », ajoutent ses représentants.

Défaut de financements publics

Le vrai problème d’après le CISS, vient de que ces associations manquent cruellement de fonds. En effet, « jamais les pouvoirs publics n’ont accepté de reconnaître et de financer à la hauteur attendue les missions d’accompagnement des patients conduites (par ces dernières) alors même que la loi en a consacré l’existence ».

Une partie de la recherche médicale, du soutien et de l’information aux malades et même la mise à disposition de certains traitements sont financés par les associations de patients. « L’accès aux soins de support du cancer du sein par exemple, n’est possible que parce que les associations permettent d’en bénéficier à moindre coût », argumente le CISS. « Et cela n’est possible que grâce aux soutiens financiers que l’on se complait à critiquer ».

 

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