Angers. Procès de Willy Bernard : la confirmation de la peine de première instance est requise
Les temps forts du procès en appel de Willy Bernard ce jeudi au palais de justice d'Angers :14 heures - Willy Bernard arriveLe président du SCO d’Angers (jusqu'au 21 décembre, date du prochain conseil d'administration qui validera la vente de ses parts) est arrivé au palais de justice pour l’audience de la Cour d’appel d’Angers qui a commencé à 14 heures ce jeudi. Il est accompagné de son épouse et de ses quatre avocats, Maîtres Metzner, Hamelle, Roux et Descamps.Ce dernier, qui était retenu pour des raisons de santé au mois d’avril dernier, a « donné le coup d’envoi » du procès. 15 heures - 600 000 euros par anLe procès vient de commencer. Le président Roucou lui a posé les questions habituelles. Nom, âge, adresse, profession. Extrait :« Willy Bernard. J’ai 33 ans. J’habite à Tanger ». « Vous n’avez pas d’adresse en France ? » Il en a, à Angers, à Paris et à La Bazoge (Sarthe). Profession ? « Entrepreneur ». « Quel genre ? » « Je travaille dans divers domaines notamment les énergies renouvelables ». Son entreprise NextGeneration Holding est située à Tanger (Maroc), où une de ses filiales mène aussi une activité de logement social. « Quelles sont vos ressources ? » « 600 000 € annuels ».La parole est donnée à Me Metzner qui rappelle que l’enquête a été menée « à charge ».15 h 20 - « On a assisté à un match sans arbitre »Me Olivier Metzner plaide pour défendre Willy Bernard. « Le dossier a été traité de façon originale, de façon curieuse. Tout a été fait dans l’enquête préliminaire. Le parquet a demandé aux services de police d’enquêter, mais avec une mission limitée. On va mettre sous surveillance judiciaire le SCO d’Angers ».« Deux ans d’enquête au cours desquels le prévenu n’aura jamais eu la parole. Les explications de celui qui est suspecté n’avaient donc aucun intérêt. L’enquête doit être impartiale et contradictoire ».« On a assisté à un match où il n’y avait pas d’arbitre ».16h 40 - carton rouge au ParquetDéfenseur de l'ancien président du SCO, Me Patrick Descamps a «taclé» Brigitte Angibaud devant la Cour d'appel d'Angers. Il reproche à la procureure de la République d'Angers d'avoir révélé des aveux de Willy Bernard.« On vient rendre publiques des déclarations de Willy Bernard en garde à vue. Je ne peux que délivrer un carton rouge au parquet », a-t-il lancé.16 h 50 - Le coiffeur à Saint-TropezGilles Brudy, l'avocat général, vient d'intervenir: «C'est un point de détail, mais le diable se met parfois dans les détails. Les factures de coiffeur à Saint-Tropez, M. Bernard, je ne pense pas que c'était dans l'intérêt du SCO».17 h 10 - «J'ai été mal conseill黫 De toute bonne foi, j’ai pris conseil. J’ai été conseillé par des gens qui s’appellent KPMG, c’est pas n’importe qui, dit Willy Bernard. Effectivement, j’ai fait des dépenses personnelles. C’est de l’argent que j’ai mis pour sauver le club. J’ai été mal conseillé. Quand on m’a dit que ce n’était pas possible, j’ai rendu l’argent ».17 h 20 - Les risques pris par le SCOS’est -il rendu compte des risques encourus par le SCO ? « Si j’avais pensé qu’il y avait un risque, je n’aurais jamais placé ces fonds dans NextGeneration ». On lui reproche d’avoir utilisé des fonds publics. « Non, ils sont d’origine publique mais sont désormais privés. Cela a été jugé dans l’affaire de la MNEF », dit Me Metzner. « En mon âme et conscience, j’étais persuadé que ces fonds étaient bien placés, dit Willy Bernard. NextGeneration a généré 300 emplois, ce qui n’est pas rien ».17 h 30 - Le SCO n'est pas une banqueUn club sportif n’a pas vocation à être un établissement bancaire pour une entreprise, selon le président Denis Roucou.17 h 45 - L’Aston Martin et la belle adresseLes locaux de 350 m2 dans le 8e à Paris avec 7 chambres ? « C’étaient des bureaux, pas des chambres », répond Willy Bernard. « Pourquoi toujours vouloir être dans les beaux quartiers ? Pourquoi une Aston-Martin ? » demande le président Roucou. Willy Bernard s’énerve : « En quoi ça dérange ? En France, on n’a pas le droit d’avoir de l’argent ? Oui, pour convaincre les gens, ça fait mieux de les recevoir rue de la Boétie. Et quel est le problème que je sois passionné de voitures ? Faut plus que j’aille à Saint-Tropez ? Faut plus que j’achète d’Aston-Martin ? C’est ça ? »18 heures - « On ne peut pas se servir »Gilles Brudy, avocat général : « On voudrait que vous sortiez de cette audience en comprenant que, dans une société, on ne peut pas se servir comme si c’était son argent personnel ».18 h 30 - « Ma mère était caissière »Le président Roucou : « 30 000 € de rémunérations, vous vous rendez compte que c’est 30 SMIC par mois ? Pour vous, c’était normal ? » Willy Bernard : « Avant d’avoir de l’argent, j’en ai aussi pas eu. Mon père travaillait chez Renault et ma mère était caissière. Je l’entends que ça puisse choquer quand vous entendez parler de telles rémunérations ».18 h 45 - Les revenus non déclarésGilles Brudy, avocat général : « Je suis vraiment tombé de l’armoire quand j’ai vu que pour l’année 2008, vous avez déclaré 5 800 € de revenus. Comment peut-on gagner 400 000 € et ne déclarer que 5 800 € au fisc ? »19 h 30 - Les plaidoiries commencentAprès une interruption d’audience, la Cour d’appel donne la parole aux parties civiles que sont la Ville d’Angers, le Conseil général, le Conseil régional, le club Angers-SCO, la Ligue de football et la Fédération française de football. L’avocat gnéral prendra ensuite la parole pour ses réquisitions, avant l’intervention des avocats de Willy Bernard. La soirée va être très longue.20 h 35 - Les réquisitions du parquet généralGilles Brudy, avocat général, vient de requérir la confirmation de la peine prononcée en première instance : deux ans de prison avec sursis, 200 000 € d'amende, et cinq ans d'interdiction de gérer une société.21 h 45 - Fin de l'audienceMe Metzner aura été le dernier à parler. La Cour d'appel rendra son arrêt le 31 janvier prochain .Notre compte-rendu est à lire dans le Courrier de l’Ouest de ce vendredi.Retrouvez le direct de première instance :Le procès de Willy Bernard
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