Arrêt cardiaque : mieux encadrer les gestes qui sauvent

Chaque année en Europe, 400 000 personnes sont victimes d’une mort subite en milieu non-hospitalier. Leur taux de survie ne dépasse pas 10%, un chiffre très inférieur aux résultats observés dans des pays comme les Etats-Unis, où la prise en charge de ces cas fait l’objet de procédures clairement codifiées. Confronté à ce constat alarmant, le Parlement européen a mis en place une stratégie pour « renforcer la diffusion des gestes qui sauvent ». Le point sur ses propositions alors que la Journée mondiale du cœur est célébrée ce 29 septembre.

Soutenu au niveau national, par la Fédération de cardiologie, le SAMU-Urgences de France et la Croix-Rouge française, le Parlement européen souhaite donc « informer et impliquer davantage » le grand public.

L’institution européenne propose ainsi la mise en place d’une semaine européenne de sensibilisation à l’arrêt cardiaque. Elle plaide également pour une stratégie européenne commune. Celle-ci serait notamment appuyée sur :

l’adoption de programmes communs d’implantation de défibrillateurs automatiques dans les lieux publics et de formation des non-professionnels à leur utilisation ;

une harmonisation législative, destinée à faciliter la pratique de la réanimation cardio-pulmonaire et de la défibrillation, par des « non-médicaux » ;

La formation aux gestes qui sauvent, un acte citoyen

Dans une démarche peut-être plus inattendue, le Parlement se préoccupe aussi du versant législatif de la question. Il entend ainsi « protéger les personnes (qui n’appartiennent pas au) corps médical, volontaires pour dispenser les premiers secours, en leur conférant une immunité contre toute poursuite judiciaire ». La Croix-Rouge en effet, indique que « les suites pénales (auxquelles ils seraient exposés en cas de problème) inquiètent les témoins d’un accident cardiaque ». Au point bien souvent, qu’ils hésitent à pratiquer les gestes de premier secours…

Ces considérations sont régies par l’article 122-7 du Code pénal. Celui-ci stipule : « n’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui la menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien ». Ce texte pourrait paraître rassurant… s’il n’était pour le moins nuancé à la ligne suivante, qui stipule que cette immunité est acquise « sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ». C’est ainsi que le fait de réaliser un massage cardiaque sur une victime sans que cela ne soit nécessaire par exemple, pourrait être considéré comme « disproportionné ». Le « sauveteur » alors, encourt des poursuites pénales.

Toutes ces propositions ont un même but : faciliter la réalisation des gestes de premiers secours. La Fédération française de Cardiologie indique en effet que « sans prise en charge dans les 3 à 4 minutes, (suivant un accident cardiaque) moins de 5% des personnes faisant un arrêt cardiaque y survivent. Ce chiffre atteint plus de 50% dans les pays où la population est formée ». Et la Fédération de rappeler que « quelques heures suffisent pour apprendre à sauver des vies ».

Rappelons qu’en France, il existe différentes formations pour apprendre les gestes qui sauvent et se voir délivrer une attestation de formation à la prévention et aux secours civiques de niveau 1 (PSC 1). Renseignez-vous auprès de la Protection civile (sur Paris uniquement), de la Croix-Rouge française, des Sapeurs Pompiers ou de la Fédération française de Cardiologie.

 

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