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« L’Atoll, un projet pionnier »

0 23.02.2012 11:29

Illustrations de la mutation en cours du paysage commercial angevin, L’Atoll à l’ouest et L’Arèna au sud soulèvent des vagues d’interrogations.Sur fond de crise é`conomique, certaines critiques vont jusqu’à la remise en cause de ces deux projets phares de l’agglomération. L’universitaire angevin Jean Soumagne apporte ici sa contribution au débat, et une vision plus globale sur l’é`volution et les tendances du commerce.L’agglomération angevine vit-elle une petite ré`volution commerciale ?Jean Soumagne : « Ce que l’on nomme la ré`volution commerciale date des années 1960 et de la création, en 1963 à Sainte-Geneviève- des-Bois (Essonne), du premier hypermarché` français, par Marcel Fournier l’un des fondateurs de Carrefour. Aujourd’hui, les Franç`ais font à 80 % leurs courses dans les grandes surfaces. Les Angevins ne sont pas différents »Êtes-vous surpris par l’importance de L’Atoll ?« Pas vraiment. Le regroupement thématique du commerce est une tendance nationale. Il y a presque quinze ans, nous avions les cités de l’automobile, où l’on trouvait des concessionnaires et d’autres métiers tournant autour de la voiture. Le principe du regroupement, c’est une émulation. Un peu comme la rue des bouchers au Moyen Age. Avec 71 000 m2, L’Atoll parait très imposant. En même temps, il y a un en jeu d’architecte, de localisation, dans un des meilleurs sites de l’agglo, et d’accessibilité, sauf peut-être pour ceux qui viennent de l’Est d’Angers, dans l’attente d’une éventuelle liaison sud. Un autre atout tient à la tendance au zapping des consommateurs, qui trouveront sur place une multitude d’enseignes. On va voir comment ç`a marche. Mais un pôle dèdiè à la maison, c’est assez pionnier. Peut-être le prototype de ce qui va se passer ailleurs. On avait « les « routes du meuble », implantèes dans des entrèes de ville hideuses, à Nantes, Rennes, Tours… Avec L’Atoll, on change la présentation, avec un vrai travail architectural, un souci de dèveloppement durable et des vitrines qui ouvrent vers l’intérieur. »Est-ce que ça correspond à la demande des consommateurs ?« Il y a une recherche de qualité. Les Franç`ais manifestent une lassitude à l’ègard de ces bâtiments pas très jolis qui garnissaient une partie des entrées de villes. Mais il y a aussi une exigence de prix. Les gens comparent. Les projets comme L’Atoll ne doivent pas pratiquer des prix élevés. Ce qui signifie en amont que les prêts bancaires aux commerç`ants soient sur un plus long terme. »Et L’Arèna aux Ponts-de-Cè ?« Le principe fondamental est le même. Seul le thème diffère. Ç`a s’est fait à Montpellier. Odysseum est un centre réunissant loisirs et culture. Il est desservi par le tramway, avec un cinèma multiplexe et surtout une patinoire. Ce qui change tout. Il me semble qu’il ne suffit pas d’avoir du commerce. Il faut aussi des èquipe- ments permettant la pratique spor- tive, pour permettre aux gens de passer une 1/2 journèe sur place. Ce qui n’est pas forcèment le cas à Arèna. »Quels sont les thèmes actuellement en vogue ?« Les complexes ludo-commerciaux, qui en associant la culture aux autres loisirs et au commerce témoignent d’un changement de société ; les magasins de marque, avec le miroir de faire acheter aux classes moyennes des produits haut de gamme ; et des « magasins convenince store », du style supérettes, où le jeune pro célibataire peut acheter des produits cuisinés de qualité à un prix moindre qu’au restaurant. C’est en train d’apparaìtre à Paris et en particulier dans les gares, avec des horaires d’ouver- ture extrèmement large. »Quelles conséquences auront les projets en cours sur les autres commerces Angevins ?« Une part du commerce concerné se trouve déjà en pèriphèrie (zone du Landreau, Grand-Maine…). Il y a beaucoup de petites délocalisations (Boulanger, Castorama, Maine Literie…). Le problème va surtout concerner les espaces libérés.Comment vont-ils èvoluer ? A mon avis, Grand-Maine s’il réalise le lifting attendu, a les capacités de rebondir. En centre-ville, on a des magasins ultra-spécialisés en décoration. Ils ne jouent pas dans la même cour et ça ne devrait pas changer grand-chose pour eux. Il y a davantage d’incertitudes sur Saint-Serge-Doyenné, qui perd de la thèmatique et devient hètèrogène. Mais je peux me tromper. »Certains évoquent un risque de saturation. Est-ce justifié ?« C’est un discours qui est tenu en permanence depuis les années 1970. Les lois relatives aux autorisations commerciales ont suivi, sans pour autant freiner le développement commercial. Sauf cas exceptionnel, on n’arrive jamais à saturation. Les magasins peuvent toujours se rééquilibrer en interne. A Angers, il y a toutefois peu de chance de voir un hypermarché supplémentaire à court terme. »

 

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